Je n’ai jamais vraiment appris comment écouter mon corps. Pourtant, il m’est arrivé de voir des émissions télé, où je découvrais que dans certains pays, certains peuples, les filles connaissaient leur cycle, sentaient leur utérus, leurs ovaires. Elles pouvaient maîtriser leur  cycle, faire de leur corps un temple sacré.

J’étais subjuguée par tant de connaissances, par temps d’humilité. Connaître son corps et l’aimer. J’aurai bien voulu savoir comment m’y prendre pour y arriver. Mais j’étais jeune et je n’ai pas osé poser de questions aux adultes. D’ailleurs à qui ? Les femmes autour de moi ne semblaient pas connaître leur corps non plus. Alors cette idée s’est envolée. Je ferais comme tout le monde, je jonglerai avec mon corps, je subirai les cycles féminins, je me navrerai de me sentir de telle ou telle humeur, encore une fois…. À cause de mes hormones, à cause de ma nature, à cause …

Et puis mon chemin m’a rapproché du corps de la femme. Je suis devenue sage-femme. J’aurais pu à nouveau ne pas voir la magie, ne pas entrapercevoir le potentiel, ne pas réaliser à quel point il est bon de se reconnecter à sa féminité.

Oui, j’aurais pu. Mais j’ai observé, j’ai admiré, j’ai découvert aussi que les femmes qui n’étaient pas connectées avec leur corps, avec leur essence, étaient pour la plupart perdues. Elles se perdaient dans ses sensations nouvelles de la naissance qu’elles n’acceptaient pas. Comment accepter de ressentir son corps quand on l’a bâillonné toute sa vie de femme ?

Je découvrais au fil des années, que nous n’étions donc pas toutes les mêmes face à notre corps. Je ne parle pas des différences physiques, non, je parle bien de cette douceur, cette intimité que l’on peut avoir avec lui.

J’ai dû me poser des questions, remettre en cause mes comportements. Comment pouvais-je être si dur avec mon corps ?

Même si au départ, on peut se demander quel est l’intérêt de se réjouir d’avoir ses règles (oui a priori on peut s’en réjouir!) ou de sentir les mouvements de vie qui anime notre corps de femme, on se rend vite à l’évidence que c’est essentiel.

Essentiel pour :

 -vivre la grossesse et la naissance de la meilleure façon qui soit (avec douceur, dans l’abandon),

-épanouir sa sexualité (une sexualité qui ne se contente pas d’un acte mais bien d’un échange, d’un partage et d’une conscience),

-comprendre son potentiel de fécondité, vibrer avec son cycle (au lieu de lutter),

– accompagner et prendre soin de son corps pour qu’il puisse nous emmener le plus loin possible.

Il est probable que cette liste ne soit pas exhaustive, car moi aussi, je suis encore en chemin dans cette connaissance de mon corps de femme. J’ai encore du mal à lâcher et à quitter « ses autoroutes de pensées » qui me conditionnent. Parfois je ressens de la peur quand on me parle de féminin sacré, de femme guerrière, … Pourquoi ? Je ne sais pas exactement, je crois que comme tout à chacun, l’inconnu fait peur. Je sais qu’il existe des tentes rouges, des communautés de femmes qui explorent ce féminin. Mais je me recroqueville devant toute cette effervescence. Je me dis que ça me dépasse. Pourtant, je sais qu’un jour, quand je serais prête, enfin, j’irai explorer ce côté-là. J’irai voir celles qui ont réussi à dépasser ces années de conditionnements, celles qui vivent leur féminin sacré.

S’il vous plaît, attendez-moi. Je sais qu’un jour, ce mot « sororité » sera aussi miens, sera aussi notre.

… et vous, êtes-vous sur ce chemin ? Qu’en pensez-vous ?

With love +++

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(crédit photo source inconnue)

 

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