J’ai souvent comparé, lors des séances de préparation à la naissance, le travail des contractions à un marathon.

Pas tant sur l’effort que sur l’endurance. J’expliquais qu’un marathonien avait besoin de « carburant » pour tenir sur la longueur. D’ailleurs, je ne suis pas sûre qu’un athlète accepterait de rester à jeun pour réaliser des prouesses physiques.

Effectivement, l’organisme fonctionne grâce aux apports qu’on lui fournit.

Un muscle a besoin d’énergie et d’une bonne hydratation, pour optimaliser ses capacités.

Mais qu’en ait-il si on le « prive » alors qu’il est censé faire des efforts inhabituels, de surcroît ?

Le muscle a besoin de sucre, plus précisément, les cellules musculaires, qui fonctionnent grâce à l’ATP (Adénosine Tri-Phosphate). L’ATP permet aux cellules musculaires de se contracter.

Sans rentrer trop dans les détails, vous aurez compris que notre corps a besoin d’être correctement alimenté, hydraté.

Lorsque l’on commence à avoir des contractions, le muscle utérin (myomètre) réclame de l’énergie : du sucre. Et comme tout effort musculaire, la demande en eau est plus importante que d’ordinaire.

Or, une fois franchit les portes de l’hôpital, une fois passé les portes de la salle d’accouchement, il est demandé, de façon quasi religieuse, de rester à jeun.

Bon, il y a là un paradoxe qui saute aux yeux… Pourquoi devrait-on rester à jeun alors que justement, c’est aux antipodes de ce que notre corps demande ?

La réponse du corps médical est « on ne sait jamais, s’il y a une anesthésie générale ». Admettons. Mais il y a un très faible risque de subir une anesthésie générale… Et avant qu’il y a ait une anesthésie générale, on suppose que le travail ne se déroule pas bien et dans ce cas, lorsque la physiologie de la naissance fait place à la pathologie, on peut demander à la maman de rester à jeun, non ?

Si tant est que le fait d’être à jeun ne soit pas la cause d’un travail difficile et long…

Et si nous sommes à ce point dans le « préventionnisme », alors je dirais que tous les conducteurs de voiture devraient être à jeun, au cas où il y ait un accident de la circulation et qu’il y ait besoin d’une anesthésie générale. Aberrant non ?

Oui, c’est un post qui se veut un peu piquant, mais l’intérêt est surtout de remettre en question certaines pratiques et plus important encore, de comprendre comment et pourquoi nous adoptons certains protocoles.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

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Aurélie SURMELY
Aurélie SURMELY

Coach périnatal diplômée sage-femme, auteure du livre Accoucher sans péridurale

    2 replies to "S’alimenter pendant le travail"

    • Ségolène

      Enceinte de 15SA demain et de mon premier je suis entièrement d’accord ! J’utilise le même exemple avec le marathon quand je discute avec mes proches 🙂
      Et il est hors de question que je sois à jeun quand j’accoucherai. D’ailleurs j’ai tellement « d’exigences » que je me dirige vers un AAD.

      • La Web télé d'Aurélie

        hihi ! Un AAD c’est aussi un très bon choix 😉 Bon après, il faut arriver à trouver sa sage-femme. Si jamais ça peut t’aider, elles sont répertoriées sur le site de l’ANSFL (Association Nationale des Sages-Femmes). Belle soirée et MèreVeilleuse grossesse 😉

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