Où est-il, le petit nuage rose ? À quel moment ça a bifurqué, pour que je me retrouve avec un paquet de mouchoirs, au lieu de m’extasier avec un sourire jusqu’aux oreilles ? Je fais quoi, moi, maintenant ? Personne ne va me comprendre… Moi-même je ne comprends pas ce qu’il m’arrive… Pourquoi suis-je comme ça ?

Ce sont des questions que l’on peut se poser, et croyez moi, nous sommes nombreuses. Je vais énumérer quelques points pour tenter d’expliquer et atténuer ce phénomène post-accouchement, qui nous fait culpabiliser de surcroît.

1 – Préserver la bulle

J’en ai déjà parlé dans une de mes vidéos sur les visites en post-partum (pour la visionner cliquez-ici). Juste après l’accouchement, il y a un espace-temps « hors du temps », suspendu, sacré. C’est un moment précieux. Le lien se tisse, la relation évolue. On se découvre physiquement, mais aussi avec tous nos sens : le toucher, l’odorat, le goût et bien sûr en se regardant intensément. Lorsque cette période n’est pas respectée, qu’elle est coupée pour telle ou telle raison, il se crée alors un vide, un manque. Pas forcément dans l’immédiat d’ailleurs. Cet attachement réciproque est nécessaire pour ne pas dire vital. Prenez du temps pour vous trois. Pour vous deux. Et si la bulle a été perturbé, par une césarienne par exemple, reconstituait-là le plus tôt possible. Privilégiez les moments où vous n’êtes que tous les deux et tous les trois.

2 – Pas à pas, peau à peau

La transition entre son monde aquatique, lové dans votre utérus, au rythme des battements de votre coeur et des mouvements de votre respiration, doit être douce. Sa nouvelle vie peut lui être surprenante, voire angoissante. Alors n’hésitez pas à le prendre contre vous, en peau à peau. Faites-lui retrouver ce contact merveilleux, ses repères. Contre vous, il percevra à nouveau ce mouvement de votre cage thoracique. Sa petite oreille collée à votre poitrine lui fera entendre le tam-tam de la vie. Vous êtes son point d’ancrage. Vous êtes sa survie, son réconfort. Vous êtes tout pour lui. Alors, oubliez les « radoteuses rabageoises » qui vous disent « mais enfin dit donc, tu ne vas pas le garder contre toi tout le temps quand même ! Il va devenir horrible ce petit. Non mais vraiment ! » La plupart du temps, les personnes qui tiennent ce genre de discours ne le font pas par méchanceté mais par méconnaissance. Alors dites leur simplement : « Tu ne crois pas que neuf mois dans mon ventre, en permanence avec moi, ça aurait déjà suffit à créer une habitude ? Alors laisse-le profiter de moi et moi de lui. L’Amour que l’on a à se donner n’a pas de limite. Mon rôle à moi, en tant que maman, est de lui donner ce dont il a besoin pour grandir, s’épanouir et être heureux. Ça fonctionne par étapes tu sais : on ne fait pas courir un bébé avant qu’il n’apprenne de lui-même le quatre pattes. De la même façon, il a besoin de cette étape tout en douceur. Et quel bonheur de l’avoir contre soi ! ».

3 – La tempête hormonale en raz-de-marée

Ah les hormones ! Oh Capitaine, mon Capitaine… Je suis la proie de ces molécules qui malgré leur petitesse microscopique, me mènent à la baguette… Que m’arrive-t-il ? Une chute me dit-on ? Ah oui, je sens la chute ! Comment faire pour ne pas être submergée par ces flots de larmes, par cet abattement ? Par ce chaos ? Et fait, imaginez-vous sur un radeau en pleine mer. Vous ne pouvez pas contrôler le radeau et encore moins les éléments de la nature, si c’est la tempête, c’est la tempête. « Bon ok mais comment faire ? » Eh bien il faut savoir que la rive n’est pas si loin. Que le moment calme arrivera rapidement, et que c’est un processus normal. Déjà, ça enlève une épine du pied. « Ok, mais quand même, j’ai des idées noires, je culpabilise…  » Oui, on peut avoir des idées noires, affreuses et s’en vouloir. En réalité, nous sommes nombreuses mais on n’en parle pas. Qui oserait dire « Ah oui c’est vrai ! Moi quelques jours après la naissance, je n’en pouvais plus et un soir, j’ai imaginé que mon bébé mourrait ». Une fois, j’ai eu l’occasion d’entendre un échange entre mamans : l’une d’elles osa dire « Hier, je promenai mon bébé en poussette. Et l’espace d’un instant, je me suis imaginée basculer la poussette pour qu’il tombe dans la bouche d’égout ». Quand une autre ajouta : « Moi pas plus tard que ce midi, je me préparai un smoothie. J’étais à plat il me fallait des forces alors je me suis fait le plein de fruits. Sauf qu’au moment de mixer, j’ai visualisé mon bébé à l’intérieur du blinder ». Bref, toutes les mamans avaient au moins une anecdote comme celle-ci. J’avais été surprise à l’époque, car je découvrais ce côté un peu « black » de la vie de jeunes mamans. Et puis je me suis dit : tant qu’elles ne le font pas, c’est ok !  Oui, parfois le cerveau a besoin d’imaginer des scénarios pour sa survie. Et lorsque l’on est au bout, lorsque l’on est dépassé, fatiguée,  notre mental a beaucoup d’imagination ! Mais ça reste fugace, quelques micro-secondes. Pour déculpabiliser, je vous propose ceci : lorsqu’une pensée noire arrive, que vous sentez bien qu’elle ne vous appartient pas mais qu’elle arrive quand même, demandez à votre homme de garder votre bébé et sortez de la pièce. Allez dans votre salon, sur le canapé. Attrapez un coussin et broyez-le avec vos mains, ou plongez dedans pour verser vos larmes. Acceptez que vous soyez déboussolée. Acceptez que vous soyez, dans cet instant, désemparée. C’est OK. Et ce n’est pas grave. Lâcher les vannes. Vous n’êtes pas horrible, vous êtes juste en train de vivre quelque chose d’intense. Par contre, si ces épisodes sont trop douloureux, fréquents, lourd à porter, impossible à accepter ou quoique ce soit qui vous dise « signal d’alarme » : alors, ne restez pas seule. Demandez de l’aide. Appelez votre sage-femme, elle vous guidera et vous orientera si nécessaire. Mais ne faites pas l’autruche. N’ayez pas peur. Si j’en parle dans ce post, c’est parce que trop de femmes imaginent que ça n’arrive pas aux autres. Et oui, toutes les femmes peut-être pas, mais beaucoup.

4 – Au revoir joli bidon plein de vie

On s’est habitué, au bout de ses neufs mois, à sentir et à porter la vie. Et puis, le vide. « Toc, toc ? Où es-tu mon amour ? » Ah oui, mon ventre est vide… D’ailleurs on appelle cela le « syndrome du ventre vide ». Alors, comment faire pour que nous aussi, nous ayons une transition douce, pour nous adapter à notre nouvelle vie ? De la même façon que la bulle, il vous faudra du contact avec votre bébé : sentir ces petits coups sur vous, ces mouvements. Le porter en écharpe, pour retrouver une sensation de plénitude. Il est vrai que l’allaitement aide beaucoup aussi, car le lien qui se crée au moment des tétées est fort. Il est la continuité d’un besoin physique. Essayez d’écouter votre coeur : que vous dit-il ? De garder bébé contre vous ? De rester ensemble ?  Faites-vous plaisir, parce que c’est exactement ce que votre bébé a (certainement) envie aussi 😉

5 – Maman, mode d’emploi

« Hmmm, ok, mais je suis paniquée quand même… Il est si petit, il ne peut rien faire seul et je dois tout faire pour lui, pour qu’il vive ! Ce n’est pas rien quand même ! » Oh que oui, ce n’est pas rien ! Mais même si nous sommes une espèce dîtes nidicol (qui a besoin du « nid familial » pour survivre, comme les oisillons par exemple), ils ont tout de même des capacités incroyables. Ils sauront aussi vous guider. On apprend à devenir parents grâce à nos enfants. Step by step ! Quelques conseils sont les bienvenus au départ, n’hésitez pas à solliciter votre sage-femme libérale qui viendra à domicile. Mais vous verrez que vous apprendrez vite de ses petits cris, de ses pleures, de son « rythme ». Il essaiera de vous donner des codes pour que vous puissiez comprendre ce dont il a besoin.

Voilà cinq points qui peuvent vous permettre déjà de comprendre un peu pourquoi est-ce que c’est un chamboulement mais aussi comment atténuer et accompagner avec douceur ce que vous vivez. Il reste d’autres points que je n’ai pas développé, comme le « contre-coup » de la grossesse et de l’accouchement, la naissance en elle-même… Il y aurait tant à écrire sur ce sujet ! 

Pensez à demander à votre homme de vous chouchouter et dites-lui comment il peut faire : massage, repas, oranges pressées, garder bébé le temps d’un bain, des mots doux, …

Je vous embrasse fort Mèreveilleuses mamans,

Je vous envoie plein de pensées tendres et affectueuses.

Aurélie

2 thoughts on “Je viens d’accoucher… Mais je pleure

  1. Merci pour cet article très intéressant. Je suis effectivement en plein dans cette phase et j’ai hâte de voir la sage femme à ce sujet.

    J’ai également des images de mon accouchement en boucle qui me traversent l’esprit et me font pleurer… c’est normal? Ou dois je régler qqch avec moi même ?

    Merci encore de faire partager ton savoir et ton expérience.

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour 🙂 Oui, ce n’est pas toujours évident. Et je suis heureuse que tu puisses avoir une sage-femme pour t’accompagner. C’est important de pouvoir se confier et être accompagner. Pour l’accouchement, bien sûr c’est normal d’y repenser, de le « revivre », de se poser des questions. Mais il serait intéressant d’accompagner aussi tes larmes et peut-être d’arriver à revisualiser les belles images. Il y a des techniques pour ça, mais le simple fait d’en parler sera déjà très réconfortant. N’oublie pas d’être douce avec toi 🙂 Mille belles pensées Mèreveilleuse maman 🙂

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s