Il y a des termes qui devraient être transformés… « Fausse couche » me paraît tout à fait erroné. Qui a dit que c’était faux ?

Cela donne une impression de déni, d’absence. Il apporte tout le négativisme du mot FAUX pour désigner une situation bien réelle, avec son lot émotionnel, physique, spirituel.

Bon alors un petit tour sur Google of course, pour comprendre à quel moment, on a décidé d’appeler un « début de grossesse qui ne tient pas », une fausse couche :

Temps pendant lequel une femme demeure au lit à cause de l’enfantement. (définition Wiktionnaire)

Impossible de trouver qui a eu cette somptueuse idée d’appeler une fausse couche, une « fausse couche »…

Bref, si nous prenons la définition du mot « couche » et que nous prenons son contraire cela signifie donc « pas d’enfantement ».

L’enfantement ayant pour synonyme l’accouchement, alors cela signifie : « pas d’accouchement »….

Pas d’accouchement ? Ils sont sûrs de leur dico là ?

Ok on reprend : Il existe deux « types de fausse couches ». Précoce et tardive :

Précoce : survient avant le 3ème mois de grossesse

Tardive : survient entre le 3ème et le 6ème mois de grossesse.

Après 4 mois et demi de grossesse, on parle d’accouchement.

En dessous de ce terme, le corps médical appel ce moment l' »expulsion ».

Donc nous donnons naissance ou nous « expulsons » et on nous dit que nous faisons une FAUSSE couche…

Oui je suis sûre que vous lisez entre les lignes et que vous comprenez que ça me met en boule…

Il n’y a rien de faux. Il se passe quelque chose de fort dans notre corps, notre coeur, notre esprit. Mais pas uniquement pour nous. Un petit être en devenir est parti. Il a esquissé un  sourire à la vie pour se retirer… Nous savons si peu de choses dans ce moment si fort. Est-ce que c’est parce que cette « graine de vie  » est trop petite que l’on se permet de dire qu’elle est « FAUSSE » ? Non parce que pourquoi appeler le printemps « le printemps » alors que l’on pourrait l’appeler le FAUX été ? Après tout on ne voit pas les graines, la sève qui monte dans les arbres ? On ne voit pas le réveil de la nature, qui, comme un volcan, se prépare à l’explosion. Et ce n’est pas parce que la fleur n’a pas éclos qu’elle n’existait pas avant.

Mais a-t-on pensé une seule seconde que le corps de la femme, le coeur et esprit, ainsi que cette vie qui essaie de s’installer, est un moment empreint de force et de vulnérabilité ? Que ce moment incroyable où tout se crée est essentiel ?

N’a-t-on pas pensé que pour que naisse ce moment du début de la grossesse, toute la vie se concentre de l’infiniment grand à l’infiniment petit ?

Non, ce n’est pas une question de taille, d’âge, de temps. Car tout cela n’est qu’illusion. Ce qui est réel, c’est la présence de la vie, l’énergie de la vie, la puissance de la vie.

Et si nous poussons notre réflexion, pardon pour les plus cartésiens mais imaginons, nous connaissons si peu notre potentiel et celui de la vie en général : peut-être que se joue là, dans ce moment si intense, une éclosion cachée de nos sens mais bien réelle. Nous sommes incapables de savoir ce qui se passe exactement, sur des plans plus subtils.

Toutes ces femmes qui vivent des « fausses couches » sont en réalité en train de vivre un big-bang dans son expression la plus subtile. 

Je voudrais finir en m’adressant à toutes les femmes qui vivent ou ont vécues une/des « fausse couche(s) » : acceptez de pleurer si vous en ressentez le besoin, prenez le temps.  Ritualisez, parlez, criez, méditez, priez, chantez.. Exprimez ce que vous vivez, ce que vous avez vécu ou ce que vous venez de vivre, si vous en ressentez le besoin. N’oubliez pas que votre vécu, votre ressenti, est important. Accompagnez-vous et entourez-vous si besoin, de personnes bienveillantes.

Non, Il ne s’est pas RIEN passé. Ce n’est pas une FAUSSE couche.

Il faudra accepter mais pour accepter, il faut que cela soit reconnu. Par vous d’abord, puis je l’espère, plus humainement par le reste de la société.

Alors changeons de terme si vous êtes d’accord. N’appelons plus une fausse couche une « fausse couche ».

Le terme qui me parle le plus serait « vivre un FLOW » et non un FAUX. Pourquoi flow ? Parce qu’il évoque un rythme, mais aussi un flux. Il évoque une immersion et laisse entr’apercevoir l’énergie de la vie. Certes, le terme serait anglophone… Mais au moins, il serait plus approprié et mieux accueilli dans le coeur des femmes, de toutes les femmes.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Avec tout mon amour,

Aurélie Surmely

 

8 thoughts on “Les fausses couches : « fausses »?

  1. Je ne sais pas si le terme « flow » est celui qu’il faut.. Mais le terme « faux » ne l’est pas c’est évident. En tout cas, l’idée d’essayer de changer ce terme pour en trouver un peu plus « vrai »… est une excellente idée !

    Merci d’avoir fais ce premier pas pour tenter de changer les choses. 🙂

    Aimé par 1 personne

  2. Merci pour ce texte si vrai ! J’ai mis tellement de temps avant de me rendre compte que j’avais besoin de donner une place à ce bébé perdu, un prénom, de le pleurer parce que pour moi il a été là et bien là, on a entendu son petit cœur battre, ce n’est pas RIEN.
    Je n’aime pas dire que j’ai fait une fausse couche, je préfère dire que j’ai eu une grossesse arrêtée à 2 mois, découverte à 3 mois… Mais c’est long à dire…

    Aimé par 1 personne

    1. Merci pour ton témoignage. Et en te lisant, je me rends compte une fois de plus à quel point il est important de laisser place à la parole, à l’émotion. Pouvoir s’exprimer, avoir une oreille bienveillante. Merci aussi pour ton témoignage d’homme. Je suis touchée.

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  3. Je suis bien d’accord mais ce qui me heurte le plus dans ce terme c’est l’expression qui l’accompagne : »FAIRE une fausse couche « !!
    Pour moi il n’y a rien de plus injuste traumatisant et triste à entendre. J’ai vécu une fausse couche et franchement je refuse que l’on dise que je l’ai FAITE. Je l’ai vécue, je l’ai subie oui, mais je ne l’ai pas faite.
    On fait quelque-chose volontairement dans le mot faire il y a une volonté ou en tout cas une action. Perdre un enfant n’est en aucun cas une volonté ni même une action qu’une mère « fait ».
    Ça fait mal de perdre un enfant quelque soit le terme. Alors utiliser le mot FAUSSE couche est une violence mais y associer le verbe FAIRE l’est encore plus. Pour ma part c’est surtout cela que j’aimerais changer dans notre jolie langue et que l’on utilise plutôt les verbes avoir, vivre, subir serait rendre justice à toutes ces mères qui ont vécu ce/ces moments difficiles dans les avoir souhaités et nuire moins FAITS.
    Merci pour ce billet qui jette un pavé dans la mare des termes médicaux bien souvent trouvés par des hommes et l’on de tenir compte de la réalité vécue.

    Aimé par 1 personne

    1. Tes mots ont résonné en moi. Tu as raison, le verbe qui l’accompagne n’a pas sa place. C’est dingue comme nous sommes conditionnés par des termes, de les employer tous les jours sans même se rendre compte qu’ils nous « abîment ». La force du verbe, le sens des mots… Il y aurait tant de choses à revoir. Et en même temps, je sens aussi cette transition, ce changement qui s’opère, ces prises de conscience et je me dit que les portes s’ouvrent. Je crois que nous sommes prêts à « bouger », à créer, à co-créer. je t’envoie plein de belles pensées.

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