Mon bébé ne peut pas vivre sans moi. Tout simplement… Je suis indispensable pour lui. Effectivement, on va voir pourquoi cette relation de dépendance existe et pourquoi des mamans ressentent un besoin impérieux de retrouver de l' »espace », de retrouver une « identité unique », de se retrouver. Je vous proposerai aussi, à la fin de l’article, quelques pistes pour vivre au mieux les trois premiers mois avec bébé.

Je ne vais pas parler du couple mais focaliser l’attention sur cette relation de dépendance mère-bébé. Très bientôt, je partagerai un article sur les papas 😉

Avant de commencer, il est important de se rappeler qu’un l’être humain est un mammifère. Lorsque nous naissons, nous sommes ce que l’on appelle une espèce « nidicole » : c’est-à-dire que le bébé ne peut se nourrir ni se déplacer seul. Il a besoin de son/ses parent(s) pour sa survie, les premiers temps de sa vie (au même titre qu’un oisillon par exemple).

nidicole

Alors oui, nos bébés ont besoin de nous pour vivre. Effectivement, même si nous sommes dans un Amour inconditionnel pour notre bébé, cette responsabilité peut nous donner le vertige. 

Nous sommes responsables de sa survie et de son bien-être. Nous devons assumer nos gestes, nos actes, nos croyances. Et des questions nous assaillent très vite : « est-ce que je fais au mieux ? » « faut-il faire comme ça ? » « est-ce que c’est normal si… ? ».

Il suffit de voir les forums, groupes, applications de parents, qui regorgent de questions. Ces questions sont souvent issues d’une peur. La peur de mal faire, de ne pas être à la hauteur, de ne pas tout maîtriser, de ne pas savoir…

Je crois que nous découvrons, lorsque nous devenons maman, à quel point cette responsabilité est énorme.

La peur est une émotion qui prend beaucoup d’énergie. Qui nous vide. Et qu’on se le dise, ce n’est pas le moment de perdre de l’énergie ! Parce que, après la naissance de notre trésor, il va falloir beaucoup d’énergie.

Il arrive ensuite, parfois assez vite, un moment où la mère se sent débordée émotionnellement, physiquement, psychiquement. On arrive plus à suivre. Pourquoi ? Parce qu’il y a le contre-coup de la grossesse et de l’accouchement, parce que nous devons rapidement nous adapter à une nouvelle situation afin d’être au plus proche de nos besoins, de ceux du bébé, parfois même de la famille dans son ensemble, du couple… Bref, de notre environnement de façon global. Nous ne sommes pas forcément épaulés comme dans d’autres pays, où les femmes n’ont pas le « droit » de poser le pieds pour les tâches quotidiennes et ce, pendant 30 jours. Non, notre culture française, et je dirais même européenne (même si je l’écris en demi-teinte car je ne connais pas le fonctionnement de tous les pays de l’UE en terme d’accompagnement de la jeune maman), ne permet pas vraiment à la maman de se reposer et de ne rien faire d’autre que de s’occuper de son bébé.

Alors l’épuisement arrive un peu plus vite, certainement, que pour d’autres mamans.

IL y a tellement de facteurs qui jouent en défaveur de notre forme physique, mental, de notre équilibre émotionnel.

Quoi qu’il en soit, arrive ce moment où « J’en peux plus là ! J’ai besoin de respirer ! ». Oui. On manque d’air parce que nous avons besoin de nous recharger. Nous avons besoin d’ouvrir notre cage thoracique et de faire rentrer un énorme bol d’air dans notre corps. Et régulièrement si possible !

Qui ne l’a pas ressenti, honnêtement ? Ce moment où on sent qu’on est au bout de notre épuisement, de notre fatigue, de notre capacité à donner ?

Voici quelques pistes pour pouvoir vivre le plus sereinement possible les trois premiers mois de vie de bébé, sans culpabilité :

  • ANTICIPEZ ! C’est une clé importante à mes yeux. Avant l’arrivée de bébé, posez-vous ces questions : qui va gérer l’intendance du foyer ? Qui va s’occuper des ainés ? Quelles sont mes ressources physiques, financières, pour pouvoir déléguer une partie des tâches ?
  • RÉSEAU : tissez votre toile ! Avoir un réseau d’amis, de connaissances, de professionnels, va vous permettre dans un premier temps de vous rassurer, puis dans un second temps va vous apporter une expertise et des conseils, des points de vue, une oreille bienveillante, pour vous accompagner.Alors prenez un cahier et notez les coordonnées de ces personnes pour pouvoir les contacter à n’importe quel moment.
  • La présence du conjoint va être aussi importante. Si possible, le premier mois de l’enfant tout en restant le plus disponible possible les trois premiers mois. Il doit avoir une attention particulière pour votre bien-être. Il ne faut pas hésiter à lui conseiller d’ailleurs, à lui aussi, d’être accompagné, épaulé, dans son rôle de père. Il sera important de verbaliser vos besoins et si vous sentez qu’il est difficile pour vous d’exprimer ce que vous vivez, sachez que votre compagne a besoin de votre Amour. Douceur et bienveillance, patience. Si vous sentez, en tant que papa, que vous êtes vous aussi dépassé par la situation, vous pouvez appeler la sage-femme, un(e) psychologue, un ami, … ne restez pas seul.
  • RELAYEZ-VOUS : vous êtes deux parents (dans la majorité des situations), alors offrez à votre compagne un temps pour elle, tous les jours. Au début, il est possible qu’elle ait du mal à s’octroyer du temps pour elle. Mais petit à petit, proposez-lui ce temps, même si elle ne prend que cinq minutes. Si elle se sent sereine, elle prendra un peu plus de temps à chaque fois. Et elle s’autorisera à prendre un bain, fermer les yeux, prendre un bon repas dans le calme, appeler une amie, prendre l’air et marcher un peu… Ce sont des temps nécessaires.
  • DÉCULPABILISEZ-VOUS : il est tout à fait normal de vivre des moments où les émotions, les sentiments, sont ambivalents, voir assez forts. Observez-vous : vous êtes en train d’avoir une pensée qui vous culpabilise dans votre rôle de maman ? Ok. Demandez rapidement à votre conjoint de s’occuper du bébé et sortez de la pièce. Soufflez, respirez, hurlez dans un coussin, courez… Évacuez ce trop-plein. N’oubliez pas que ces pensées sont produites par votre cerveau, car celui-ci cherche aussi à vous préserver. Il se dit « c’est beaucoup trop pour moi là, j’ai besoin de répit ». Offrez-lui ce moment où il peut se relâcher. Vous verrez que finalement, si vous acceptez de prendre ce temps-là, ça ne durera pas longtemps. Une dizaine de minutes peut-être. Donc faites-le si vous en ressentez le besoin. Il est évident que si vous êtes trop dépassée, il faut en parler à quelqu’un : sage-femme, psychologue, médecin… trouvez une personne de confiance qui saura vous guider.

 

IL y aurait encore tant de choses à dire, car le sujet mériterait à lui seul une thèse ! Un livre… plusieurs tomes ! Alors je serais très heureuse de vous lire en commentaire, pour rebondir sur les pistes que je viens d’écrire mais aussi pour apporter vos pistes, ce qui a marché pour vous, ce qui vous a fait du bien, durant les trois premiers mois de vie de bébé.

Sachez que je vous envoie tout mon amour, car en tant que femme, que mère, que sage-femme, je sais à quel point nous pouvons vite nous sentir mal face à cette situation pour le moins extraordinaire ! Mais n’oubliez pas non plus à quel point vous êtes Mèreveilleuses.

À toutes les Mèreveilles de notre belle sphère bleue,

Aurélie

 


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Aurélie SURMELY
Aurélie SURMELY

Coach périnatal diplômée sage-femme, auteure du livre Accoucher sans péridurale

    1 Response to "Mon bébé est dépendant de moi"

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