J’aimerais vous lister quelques conseils que j’ai reçu lors de mes études de sage-femme et dans les toutes premières années de ma vie active. Ces conseils m’ont été précieux et j’espère qu’ils aideront les étudiant(e)s, professionnels, parents… Tous ceux qui aiment apprendre encore et toujours et ceux qui ont plaisir à se rappeler les valeurs qu’ils chérissent.

Voici 5 conseils que j’aimerais vous partager. Bien sûr, j’ai hâte aussi de vous lire en commentaire pour connaître les vôtres 😉 quel que soit votre domaine de prédilection.

1 – L’accouchement idéal n’est pas celui que tu t’imagines pour toi

Cela peut sembler évident pour certains. Mais lorsque j’ai commencé mes études de sage-femme, à 21 ans, je me suis forgée durant ma première année, une idée de ce que pourrait être l’accouchement idéal. J’allais donc aider les femmes à vivre cet accouchement. Je me suis heurtée à la réalité évidemment. Car ma définition de l’accouchement idéal ne correspondait, en réalité, qu’à peu de monde. J’ai appris à 21 ans, qu’il existe une multitude de réalité. Chaque parent, chaque famille vit sa réalité. J’ai su qu’il fallait écouter et accompagner suivant leurs propres besoins. Pourtant, j’ai fait un deuxième constat : la plupart des mamans, des parents, ne savent pas vraiment ce qu’ils veulent. La plupart d’entre eux se jettent à corps perdu dans les bras du corps médical. En salle d’accouchement, il est difficile de prendre le temps pour faire ressortir les valeurs et les envies de chacun d’eux. J’avais cette sensation que c’était trop tard. Et il fallait bien les accompagner, mais sans boussole.

Imaginez être un architecte. Un couple arrive et vous demande une maison. Ils ne savent pas ce qu’ils veulent. Ils demandent juste une maison. Que faites-vous ? Vous la construisez suivant vos propres goûts ? Suivant la tendance du moment ? On fait tous de notre mieux. Mais c’est toujours intéressant (important) de se préparer en amont. Vous avez plus de chances de vivre une naissance qui vous corresponde si vous prenez conscience de ce que vous souhaitez concrètement. Pour aider les mamans, les couples, je propose gratuitement une vidéo « 5 clés essentielles pour rédiger votre projet de naissance » et un exemple rédigé par mes soins.

2 – Lorsque tu poses un acte, demande l’autorisation à la maman et au bébé

Encore une fois, cela peut sembler évident pour la plupart. Mais dans la réalité, c’est tout à fait différent. Quelle en est la cause ? Les causes ? La course au temps ? Le stress engendré par une surcharge de travail ? Le découragement face à une situation qui n’évolue pas dans le service ? Des tensions internes ? … Il y aurait sans doute une multitude de raisons qui amène une sorte de déshumanisation au fil du temps et dans l’environnement dans lequel on survit. Mais nous devons faire évoluer les choses. Alors oui, il est important de se rappeler que nous avons en face de nous des êtres humains. Je crois que c’est valable pour toutes les professions. Avons-nous des clients « carte bleu » en face de nous, lorsque nous sommes vendeurs, ou est-ce que nous souhaitons apporter une réelle valeur ajoutée pour leur bien-être ?

Alors oui, on demande l’autorisation à la maman lorsque l’on doit l’examiner, au bébé aussi lorsque l’on doit poser un monitoring, pour ne citer que ces deux exemples.

3 – La maman sait donner naissance, le bébé sait naître

Oh que oui ! Et c’est tellement merveilleux de « laisser faire » au lieu de « faire ». Parfois, les mamans souhaitent que l’on soit plus « interventionniste » (voir le 1er conseil) mais lorsqu’elles sont prêtes, en confiance, la magie opère aisément. Ne pas intervenir, le moins possible. Accompagner, mais ne pas guider. Sécuriser, mais ne pas limiter. Je crois que lorsque j’ai enfin lâché mes croyances d’étudiante, j’ai enfin pu le découvrir. On nous apprend à intervenir : maintenir le périnée, tourner la tête et la freiner dans son élan, dégager les épaules… Et puis un jour, tu découvres que le bébé le fait tout seul ! Sa tête, une fois sortie, tourne, pour que l’épaule antérieure passe puis l’autre se dégage tout aussi naturellement. Le reste du corps sort ensuite rapidement. Faut-il intervenir alors ? Faire « à la place » ? Certaines situations le nécessitent. Certes. Mais pas toutes…

4 – Privilégie la relation mère-enfant après la naissance

Juste après la naissance, le bébé est contre maman. En peau à peau. Et avec bonheur, je découvre que dans plus en plus de maternité, on préserve ce moment : pas de bain avant le lendemain (voir plus), pas de pesée le même jour (ou seulement quelques heures plus tard), pas de gouttes ophtalmiques, pas de vitamine K dans la bouche de manière systématique, pas d’aspiration… Bref, un nouveau-né peut être ausculté sur le ventre de sa mère, nul besoin de l’enlever de ses bras si celui-ci s’adapte bien. Les soins sont reportés ou remis en question. Et c’est très bien comme cela.

5 – Préserve l’intimité et l’intégrité de la femme, de la triade

Oui. Maman, papa et bébé ont besoin d’être respecté. Sur tous les plans. Toutes les femmes ne sont pas à l’aise avec la nudité, avec la structure hospitalière, avec des regards inconnus, avec les protocoles… Surtout lorsque l’on donne naissance. Les papas se sentent dans un univers qui les impressionne et leur font perdre confiance en leur compétences, la plupart du temps. « Décalez-vous monsieur » « Mettez-vous là-bas »… En réalité, nous devrions faire l’inverse « Où souhaitez-vous être ? » « Comment puis-je vous accompagner ? ». Nous devons nous sentir privilégier d’être là, d’accompagner cette famille qui se crée ou s’agrandit. Nous devrions sentir cette modestie nous envahir devant ce moment si incroyable. Ils viennent pour donner naissance à leur enfant. Ils ont besoin de sécurité (cette sécurité qui est propre à chacun d’ailleurs) mais ils ont surtout besoin d’être accompagnés et non guidés. Ils ont besoin que l’on recrée un environnement qui soit, finalement, le plus éloigné des conditions hospitalières : le moins de monde possible, une lumière tamisée, une voix douce, un état calme, des actes personnalisés…

Zut ! J’ai déjà  fini de citer les 5 conseils alors que tellement d’autres me viennent en tête !  On se retrouve dans les commentaires 😉

Aurélie

 



Aurélie SURMELY
Aurélie SURMELY

Coach périnatal diplômée sage-femme, auteure du livre Accoucher sans péridurale

    8 replies to "Les meilleurs conseils que l’on m’ait donné en tant que sage-femme"

    • Clem Blls

      Merci pour ces 5 conseils ! Vivement que de plus en plus de professionnels soient formés à cet « accompagnement ».

      • Aurélie SURMELY

        Je sais qu’il reste encore du travail mais ça bouge ! Et j’ai envie de dire aussi : vive internet ! La parole se libère et l’accès à l’information est tellement plus aisé. Je suis très optimiste 🙂 Merci pour ton message 🙂

    • Patricia SOARES

      Merci pour ces conseils qui pourraient sembler couler de source.. et pourtant.. On en est encore loin dans certains cas malheureusement…. Esperons que tes conseils seront lus par de nombreuses personnes !! 🙂

    • grainedecigogne

      Merci Aurélie pour ces conseils. Bien qu’encore étudiante, j’essaye d’être la plus bienveillante possible. Tout comme toi je demande toujours l’autorisation avant de faire un acte, mais surtout je l’explique. J’ai été de nombreuses fois hospitalisé enfant et j’avais horreur quand on ne m’expliquait pas ce que l’on était entrain de me faire.
      Et je remercie aussi toujours après un soin, et encore plus lorsqu’il s’agit d’un bébé. « Merci de m’avoir fait confiance » se cache derrière ce « simple » Merci.
      Et enfin, mes études m’ont apprit que « je ne faisais pas d’accouchement » mais « j’accompagner l’accouchement ». Car en effet une femme accouche seule. On n’est que les simples coach !
      J’ai encore tellement à apprendre, chaque jour …
      Merci pour ces beaux conseils d’expériences !
      Géraldine

      • Aurélie SURMELY

        Merci pour ton message 🙂 Ça fait du bien de lire de beaux témoignages. On est souvent chahuté lorsque l’on est étudiant, mais surtout, ne perds pas cette flamme qui t’anime aujourd’hui. Je serais ravie d’avoir de tes nouvelles pendant ton parcours de sage-femme et après 😉 A bientôt 😉

    • Anonyme

      Une variante du conseil n°1 : parfois tu a l’impression que la femme a eu un accouchement parfait mais ce n’est pas du tout son ressenti et inversement parfois on pense qu’un accouchement a été terrible pour une femme mais en fait elle l’a super bien vécu et est ravie !
      Merci pour ces beaux conseils 🙂
      Une étudiante sage-femme

      • Aurélie SURMELY

        Le vécu est propre à chacun et son interprétation peut évoluer aussi au fil du temps. Des mamans peuvent être ravies de la naissance puis d’autres choses remontent les mois qui suivent. Merci pour ton message 😉

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