Il a fallu que mon regard s’attarde sur des feuilles, dans un des tiroirs de mon bureau. En réalité, elles étaient là, précieusement rangées, mais presque oubliées. Juste là, dans ce tiroir, pour que je sois sûre, finalement, de tomber dessus, de temps en temps.

Et voilà qu’aujourd’hui, je tiens dans mes mains ces feuilles. Et je relis ces quelques lignes, écrites pour ma grand-mère.

Pourquoi est-ce que je décide de vous partager cet instant intime et tellement fort ? Parce que nous sommes tous confrontés, à un moment ou à un autre, à la perte d’un être cher. J’ai accompagné des couples, devenus parANges. J’ai accompagné des personnes âgées, dans leurs derniers souffles. Aux extrêmes de la vie, j’ai accompagné. Et j’ai vécu aussi ces moments douloureux, empreints de notre réalité.

Alors je crois que je partage ces lignes aussi pour tous ceux qui n’arrivent pas à mettre des mots. Mais qui aimerait pourtant pouvoir le faire. À tous ceux qui ont besoin de ces mots, pour avancer.

Avant de vous retranscrire la lettre que j’ai lue pour son au revoir, j’envoie un flot d’amour et de tendresse à vous tous, qui avait vécu ou vive cette rupture du corps. Ressentez vraiment cet Amour sincère.

Aurélie


Mamie,

Tu emportes avec toi 89 printemps. Tu laisses des enfants, des petits-enfants, des arrières-petits-enfants. Tu rejoins ainsi des personnes chères à ton coeur, en nous laissant ici.

Ce moment tu l’as attendu. Tu es libérée de ton corps devenu trop douloureux. On a tous voulus te dire au revoir. Mais sommes-nous prêts, réellement, à te laisser partir ?

Aujourd’hui, ton corps est dissocié de ton âme et comme tu l’as souhaité, il disparaîtra dans les voluptes rouges et dansantes. J’ai confiance. Car je sais que tu es bien accompagnée. Aujourd’hui, je te veux libérée. Nous te voulons libre.

Alors oui, nous voulons retenir ce sourire, ce rire, cet accent, ce Français maladroit qui nous enchantait. Nous voulons retenir l’image d’une femme coquette, courageuse, forte. La douceur, la tendresse de ton regard.

Oui, on a tous voulus te dire au revoir. Nous garderons ce merveilleux souvenir que tu nous laisses, qui nous remplie le coeur.

Oui, on a tous voulus te dire au revoir, et même si nous ne sommes pas complètement prêts, nous te laissons partir.

Je crois en la magie de la vie mais aussi en l’après, ce que tu as fini par découvrir, depuis quelques jours. Bien sûr, je me demanderai où tu es… Pourquoi mes yeux ne peuvent pas traverser cette dimension qui nous sépare… Mais mon coeur sait, mon âme sait, que nous sommes tous liés.

Je me souviens t’avoir dit, il y a quelques semaines, que lorsque tu partirais, j’aimerais que tu viennes dans mes rêves pour me dire une dernière fois au revoir. Tu avais dit oui en souriant. Puis je me suis ravisée et j’ai rajouté : « Ne me fait pas peur quand même ! », et tu as éclaté de rire.

Tu vois mamie, je t’admire pour cette énergie de vie mais plus encore, je sentais qu’au- delà de cette vie terrestre, tu avais conscience de cette dimension spirituelle. Tu savais que tu étais attendue. Tu sentais la vie au-delà de la vie, au-delà du corps.

Je vais essayer moi aussi, de ne pas oublier que dans nos corps se cache un trésor éternel.

Notre expérience sur terre est relativement courte c’est vrai. Chaque minute compte pour évoluer, s’ouvrir, s’épanouir. Pour faire vivre l’amour, l’amplifier, le partager.

Mamie je te rassure, même si mes yeux pleurent, mon coeur est empli de joie, de t’avoir eu à mes côtés. Je reste connectée à toi, d’âme à âme.

Je vais prier aujourd’hui, pour que ce corps que tu as habité ces 89 derniers printemps, parte avec des pensées d’amour.

Quand la danse rouge aura libéré complètement ton corps, sens-toi libre.

De notre côté, nous honorerons notre corps, puisse-t-il être aussi fort que le tient. Nous chérirons nos souvenirs et nous prendrons soin de nous aimer et d’aimer.

Mèreveilleuse Mamie, mèreveilleuse arrière-grand-mère, MERCI. Part sereine. Je t’aime. Ich liebe dich oma.


Poème que j’ai écrit pour toi, tendre mamie :

Mélodie Divine

 

Un souffle pour marquer le temps,

comme une note suspendue.

La musique changera certainement,

lorsque l’inspire sera rendu.

 

Dans un autre corps,

un nouvel instrument,

Pour jouer quelques accords,

dans le cycle du temps.

 

Le musicien écoute le rythme

Les pulsations cristallines

qui s’unissent dans l’hymne

d’une mélodie Divine.

 

La clé de sol serait la voûte,

d’un abri Céleste sans nul doute.

Ne dit-on pas de la voix, 

qu’elle est le chant de l’âme ?

 

Jouons notre partition,

faisons danser les anges.

Jusqu’à cet accord parfait, cette union,

où les sons se mélangent.

 

Aurélie Surmely


À tous, tout mon amour.

Aurélie

Une réponse sur « Dire au revoir »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s