Un jumeau ? Un organe sacré ? Le PLACENTA

Lors de mes études en Belgique (HENAC de Namur), une de mes amies m’annonça le sujet de son mémoire de fin d’études : « Je vais faire mon mémoire sur le placenta », me dit-elle aux anges. Je me suis demandé comment elle allait pouvoir trouver matière pour étoffer son mémoire avec ce sujet. À l’époque, je ne connaissais pas son importance ni sa signification. Cette amie de promotion, Fanny, a eu une très belle idée et je suis sûre qu’elle s’est régalée à réaliser son mémoire.

Mais alors, que peut-on dire du placenta ? Je ne vais pas me lancer dans un mémoire ici ! Mais je vais vous faire part de quelques pistes intéressantes. Je vous donnerai aussi quelques idées sur le « devenir » de ce placenta.

Quel rôle, quelle symbolique chez certains peuples ?

Le sujet est vaste. Il mérite une attention particulière. Les premiers échos que j’ai eus du placenta, lors de mes études de sage-femme, m’ont marqué. Je vous les partage donc, pour notre plus grand plaisir 😉

♦ Le placenta serait le jumeau du bébé : quelle merveilleuse image ! En effet, dans certains peuples, il est considéré comme le jumeau. D’un point de vue biologique : tout part du blastocyste. D’un tout, il va se partager pour qu’une partie fasse « naître » le placenta (trophoblaste), et que l’autre se développe pour devenir le foetus (embryoblaste). Pour schématiser, on peut dire que le bébé et son placenta viennent d’une seule et même cellule. Lorsque l’on regarde un bébé et son placenta, in utero notamment, l’image du « jumeau » est effectivement parlante.

shutterstock_293546375

♦ Le placenta déterminerait l’avenir et faciliterait l’acquisition de certaines qualités chez le bébé en devenir : le placenta pouvait être enterré dans le foyer, si le bébé était une fille, ou dans la forêt si celui-ci était un garçon. On prêtait une attention particulière au placenta qui avait une valeur symbolique certes, mais aussi sacrée. L’intérêt d’enterrer le placenta dans des lieux précis, permettait de conférer à l’enfant des qualités de chasseurs ou de cuisinière par exemple. Dans nos pays, et de nos jours, le placenta est enterré et l’on plante un arbre à cet endroit (fruitiers souvent, pour la symbolique de l’abondance).

Chez les animaux ?

La plupart des animaux mangent instinctivement le placenta. Pour deux raisons connues : la première, le placenta est dangereux car il pourrait attirer des prédateurs. Il faut donc éliminer rapidement toute trace de la naissance, olfactive et visuelle. La deuxième, le placenta est une source énergétique importante. Le fait de le manger permet à la mère de se nourrir d’un produit exceptionnel en termes nutritifs. Je suppose que l’aspect gustatif est aussi apprécié pour les animaux qui ont une appétence pour la viande crue.

Une symbolique forte au niveau énergétique 

On parle de bébé lotus, ou demi-lotus, pour ces bébés à qui on laisse le cordon avec son placenta, jusqu’à ce que celui-là sèche et tombe de lui-même ou pendant quelques heures. Première réaction : pas pratique quand même ! Mais il est intéressant de se pencher sur cette pratique de plus en plus usitée : le cordon ne serait pas uniquement deux artères et une veine, entouré par une substance gélatineuse ! Il ne véhiculerait pas uniquement du sang, mais permettrait aussi aux énergies de circuler. Quoi qu’il en soit, je reviens ici sur l’importance de ne pas couper le cordon trop tôt après la naissance et de le laisser battre, jusqu’à ce qu’il s’arrête de lui-même : parfois 1 minute, parfois 5 minutes, cela peut varier.

La législation Française 

Jusqu’à présent, le placenta est considéré comme un déchet organique. Il doit être acheminé comme tel et incinéré selon les protocoles. Malheureusement, nous ne sommes pas libres de l’utiliser en France ou de l’emporter pour l’enterrer (si nous avions le projet de le faire). Nous sommes privés aussi de réaliser de l’isothérapie : homéopathie réalisée à partir du placenta, permettant ainsi à la mère, l’enfant et même la fratrie, de bénéficier de ses vertus et qualités inestimables. Soyons claires : le prélèvement placentaire se fait sous silence dans les maternités et le prélèvement est envoyé à l’étranger pour bénéficier  de cette isothérapie. Pratique illégale donc, je suis bien obligée de le spécifier…

Les pays voisins ont encore de l’avance sur la France sur ce point, comme la Suisse où l’isothérapie placentaire se pratique sans difficulté sur simple demande dans des laboratoires médicaux. Tout récemment, le Canada (big hug à nos amis Canadiens), ont eu la joie de voir apparaitre une circulaire leur permettant de récupérer le placenta dans les structures hospitalières notamment. Cette circulaire est assez récente puisqu’elle date du 13/07/2017. On est content pour eux ! Vivement les changements aussi en France !

L’image du placenta 

Le placenta ressemble a un arbre. On peut deviner le tronc et les branches. L’idée de le comparer à un arbre, parce que visuellement c’est ce qu’il peut inspirer, est majestueuse. L’arbre a ) lui seul une symbolique très forte aussi : les racines représentant le lien à la terre (terre-mère, aspect plus matériel, force d’ancrage, énergie du sol…) et les branches s’élevant vers le ciel (élévation, connexion, spiritualité, …). À nouveau, il y aurait tant à dire. C’est donc une image tellement forte.

Les créations autour du placenta 

Je découvre tous les jours des esprits créatifs et de belles créations sur les réseaux sociaux et notamment sur instagram. Il y a quelques mois, je suis tombée sur cette photo, autant vous dire qu’elle m’a tout de suite tapé à l’oeil ! :

25075111_1569289086480179_5553518486905465373_o
Un souvenir incroyable de la grossesse et de la naissance – crédit photo : Arbre de Vie

On voit dans ces jolis cadres, l’empreinte du placenta qui a été valorisé par les talents d’une artiste : Fannie Bellemare-Larivière. Ses créations sont des retouches photos des empreintes placentaires.

Julie_Berthiaume_carré-01
Une jolie transformation tout en respectant l’originale – crédit photo Arbre de Vie

Il y a donc une multitude de façon de valoriser ce placenta. L’idée est belle et cet espace de magie, de sacré, est le bienvenu dans un monde où tout va très vite, où les rituels ne sont plus présents pour ancrer les moments clés.

Si vous accouchez en structure hospitalière et que vous regrettez de ne pas récupérer votre placenta :

  • indiquez ce désir dans votre projet de naissance (comme le Canada, un jour, ils céderont si on en fait la demande !)
  • parlez-en avec la sage-femme de garde, qui vous a accompagné pour votre accouchement, afin qu’elle vous montre votre placenta, pour faire une empreinte sur une feuille blanche, prendre une photo…
  • de retour à la maison, faite votre rituel en plaçant mentalement le placenta lorsque vous aurez creusé le trou pour planter votre arbre par exemple. Je vous suggère aussi de mettre le bout de cordon tombé dans ce trou, pour consolider ce symbole.

 

Et vous, est-ce que le placenta vous inspire ?

Avez-vous ritualisé cet organe incroyable de la « vie » de votre bébé ?

Aurélie Surmely - WEMP - futursparents

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s