Il existe, effectivement, encore un fossé entre ce que j’insuffle aux futurs parents et la réalité dite de « terrain », c’est du moins ce que me soulignait tristement une amie, sage-femme hospitalière. Pourquoi est-ce si compliqué dans certaines maternités, pour ne pas dire dans la majorité des maternités ? Je vous partage mon point de vue.

Un passé qui nous colle un peu trop

Les sages-femmes n’ont pas toujours été « sous la tutelle » (j’expliquerai mon propos plus tard) des gynécologues. Il existe une forme de domination et de soumission entre ces deux professions.

Depuis la première année de mes études de sage-femme, j’observe avec colère et incompréhension (en alternance), cette situation que je trouve dégradante pour la profession de sage-femme. Oui, je pèse mes mots.

Soyons lucide toutefois, vous savez qu’il existe des exceptions.

Vous voulez un café Docteur ?

Cette phrase-là, est pour moi l’apothéose ! Une sage-femme qui essaie de « bien se faire voir » par les gynécologues de son service, ce n’est pas rare…

Pourquoi beaucoup de sages-femmes essaient de caresser dans le sens du poil les gygy, comme les appellent les mamans ?

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Voici quelques pistes de réflexion, qui entretiennent la relation dominant/dominé :

  • Un gynécologue qui vous prend en grippe, c’est vivre une garde atroce pendant 12h. Vous savez que vous allez vous faire tirer dans les plumes si vous croisez son regard. Le stress est omniprésent, dès lors que vous savez qui est le gynéco de garde, lorsque vous êtes vous-même de garde. Bref, la cohabitation est délicate…

 

  • Le gynécologue aurait plus de pouvoir que la sage-femme, hiérarchiquement. Mais c’est une « petite » aberration pour moi, car en réalité, pourrait-on dire qu’un pédiatre est au-dessus d’un anesthésiste ou le contraire ? Non, les professions sont justes complémentaires ! La sage-femme est une profession médicale tout comme le gynécologue.

 

  • Le pouvoir de la rareté : un gynécologue, au final, ça court moins les rues qu’une sage-femme. Il est plus délicat pour les maternités d’en trouver et de les garder. De ce fait, leur parole et leur bien-être sont un levier important, dans les décisions (fonctionnement, RH, protocoles…)

 

  • Un salaire qui laisse les sages-femmes perplexes : lorsque je gagnai 1800 euros par mois (soit la profession médicale la moins bien payé, et de loin), je ne réalisai pas qu’un gynécologue pouvait gagner bien plus, en faisant parfois juste acte de présence ! Lorsque la sage-femme suit, accompagne, de A à Z la naissance, la facturation part pour le gynécologue en clinique privé et pour les structures hospitalières publiques, certes c’est différent, mais l’idée est la même, le gynécologue sera très bien payé.

 

  • Une parole qui ne serait pas audible : oui, lorsque la sage-femme parle en réunion, il semblerait que sa voix soit trop fluette pour être entendue. « Il faudrait que les femmes puissent utiliser la baignoire même si la poche des eaux est rompue… », s’ensuivrait d’un silence puis d’un « oui oui »… Pourquoi la sage-femme ne prend pas position ? Quelle est la crainte viscérale de refuser de travailler dans certaines conditions ? De ne pas imposer les règles du jeu ? Le risque de perdre son travail sans doute, une multitude de raisons qui la cloisonne, qui la « castre »… Et être castré par un homme, c’est quand même le pompon.

 

  • Peut-on, s’il vous plaît ? Si cette phrase peut être verbalisée par une sage-femme, j’ai rarement entendu un gynécologue parler de cette manière à une sage-femme. Il existe une sorte de position acquise, un statut d’autorité, qui n’a jamais été remis en cause. Est-ce que c’est parce que la profession de gynécologue est majoritairement masculine et celle de sage-femme (comme son nom l’indique), est une profession féminine ?

 

  • Trop sage ? Ah, si nous pouvions avoir des pics de testostérone de temps en temps, probablement que nous ferions trembler un peu plus les murs. Mais voilà, il est possible que nous n’en soyons que très peu pourvu. Certes… Je me souviens d’une garde où j’ai refusé un déclenchement, dicté par le gynécologue. Le couple s’est présenté le matin. La maman était à peine à 38SA, en très bonne santé tout comme le bébé. Les raisons du déclenchement étaient purement de « convenance ». Leur surprise a été grande, lorsque je leur ai dit que je refusais de réaliser le déclenchement. J’ai expliqué mes raisons, en faisant comprendre au couple que les raisons de ce déclenchement ne justifiaient pas cette prise de risque, d’autant plus que le corps de la maman n’était pas du tout prêt (score de Bishop nul). J’ai appelé le gynécologue pour le prévenir. Je crois qu’il m’a fait vriller mon tympan, même en reculant le téléphone de 20 centimètres de mon oreille. Qu’à cela ne tienne, il voulait m’emmener devant le directeur si je n’acceptais pas. Résultat ? Je n’ai jamais vu le directeur. J’ai réussi à tenir tête, car ma position, je le savais, était la plus sage.

 

  • Un ras-le-bol : beaucoup de consoeurs sont découragées devant l’ampleur de la tâche. Être respecté, réaliser pleinement son travail de sage-femme, en accompagnant la physiologie : c’est une épreuve de Titan ! Comme une majorité de parents, la sage-femme préfère suivre les « rails ». Peut-on rapprocher aux parents de suivre les rails ? Aux sages-femmes ? Non je ne crois pas. La principale raison, je pense, est que le sentiment de « sécurité » nous semble plus accessible en suivant ce qui est dicté. Mais finalement, les gynécologues ne feraient-ils pas aussi la même chose ? Ne sont-ils pas eux aussi, conditionnés pour agir ainsi ? Pour ma part, j’ai décidé que ma sécurité n’était pas dans l’obéissance. Mais dans la réflexion, dans le discernement et l’adaptation. Je ne souhaite pas empreinter une voie, simplement parce qu’elle est empreinté par la majorité. Non, je voulais suivre ma voie, mon intuition, je voulais et je le veux toujours : être créatrice . Est-ce que c’est facile ? Oh que non. Mais je me sens bien mieux. D’ailleurs, rien que d’écrire cet article, croyez-moi, ce n’est pas très confortable. Je ne connais pas beaucoup de sage-femme qui oserait publiquement dénoncer ces dictats sous silence depuis si longtemps. Mais peut-être est-il temps de le faire ?

 

Je veux être sage-femme

Cette sage-femme, gardienne de l’eutocie, co-créatrice de la vie avec les femmes, les couples, les familles. Co-créatrice de cette force de la nature et de sa magie.

Sage-femme,  ce ne sont pas que des techniques ou un savoir empirique, ce n’est pas uniquement ce talent, ce don, d’accompagner la physiologie. C’est un accompagnement humain, profondément humain, dans son essence, à sa source.

Sage-femme, c’est une profession médicale dont la valeur est inestimable et dont la valorisation financière doit être une préoccupation pour les maternités qui embauchent.

Je ne veux plus croiser des consoeurs, des confrères, affligés par leur travail, écrasés par la pression hiérarchique ou du moins, institutionnelle.

Si les maternités fonctionnent, c’est parce qu’il y a des sages-femmes. Et si une décision doit être prise, elle doit être validé par la sage-femme et non simplement acquiescée. Le service de maternité doit  appartenir à la sage-femme, elle doit reprendre ce service qui est le sien. Oui, elle doit se l’accaparer, décider de son fonctionnement, de sa philosophie, à l’image d’un capitaine sur son bateau.

Qui d’autre pourrait organiser au mieux un service de maternité qu’une sage-femme, qui répond elle-même aux envies et aux besoins réels, concrets, des femmes ? Des parents ?

Suis-je en colère ? Suis-je outrée ? Probablement. Mais j’ai cette force en moi qui me dit : « Un jour, les sages-femmes et les parents dessineront le lieu de naissance, à leur image, pour le bien-être de tous, dans les maternités. »

Et si nous engagions dès aujourd’hui, des actions pour changer les choses. Vous penseriez à quoi ?

 


Aurélie SURMELY
Aurélie SURMELY

Coach périnatal diplômée sage-femme, auteure du livre Accoucher sans péridurale

    48 replies to "Sage-femme sous silence : la réalité de la salle d’accouchement"

    • Dija

      Merci ☺️👏👏

      • Aurélie SURMELY

        Merci à toi pour ton message de soutien 🙂

        • Massalia

          Bravo ! J’ai discuté de tous les aberrations dont vous parlez avec une sage-femme après mon accouchement et que j’ai ressenti pendant mon accouchement. J’ai écris un mail à l’administration pour me plaindre de l’attitude excécrable de l’anesthésiste du gynécologue.
          Je vous rejoins totalement en tant que patiente!
          Force et courage !

    • Maëliss Layeux

      Je pense pour moi que le soucis est sociétal avec une très forte propension de hiérarchisation et soumission à l ‘autorité. Milgram est la! Je suis convaincue de la nécessité d’accompagnement à l’alphabétisation émotionnelle dans les hôpitaux et la société tout court. Et pour toute profession lire à l’humain, un suivi pour accompagner les équipes dans tout cela… 🤔

      • Aurélie SURMELY

        Meri c’est effectivement intéressant d’aborder cette problématique en accompagnant les services de cette manière. Je n’avais jamais entendu parlé d' »alphabétisation émotionnelle ». Tu peux nous en dire plus ? Tu as des références de livre pour que je me penche sur le sujet ? Merci 😉

    • MELISSA

      Bonjour,
      Lors de mon accouchement ( à Millau ), nous avons été témoin d’un gyneco qui était exécrable avec la sage femme et l’auxiliaire. Je me souviens très bien avoir dit au filles :mais vous parle t’il tout le temps comme cela? Pourquoi vous laissez vous faire? Je n’ai pas eu de réponses mais j’ai senti que c’était pesant pour elles….

      • Aurélie SURMELY

        Il y a une souffrance bilatérale (je pense). Car exercer sous pression ou en mettant la pression, ce n’est confortable pour personne et surtout, ce n’est pas souhaitable. Je trouve cela encore plus regrettable parce qu’effectivement, les mamans, les couples, les familles, ressentent cela à l’intérieur même des locaux. C’est triste.

    • enfancejoyeuse

      Wah ! MAGNIFIQUE article ! Une fabuleuse ode à ce métier magique ! Je vous soutiens totalement !!!!!

      • Aurélie SURMELY

        Merci beaucoup pour ton soutien 🙂 C’est toujours délicat d’oser franchir les limites invisibles…mais écrasantes !

    • Dupons

      Tout est dit . Bravo ! Faisons changer les choses d autant plus qu on subit dans certaines maternités les dictats de cadre sup infirmiers !

      • Aurélie SURMELY

        Je pense que les choses seront plus apaisées quand chacun aura trouvé sa place, sans empiéter sur les autres. Vivement….

    • Magaly

      Pour mon dernier enfant je devais accoucher en maison de naissance mais à la dernière echo, mon bébé fait déjà 3kg9. Ma sage femme me dit que mon dossier doit passer en commission à l hôpital pour savoir si je peux accoucher à la maison de naissance, ce fût refuser on me demande alors de prendre rv avec le gynécologue de l’hôpital. Je m’y rends le jour dit avec mon mari. La gynécologue n’est pas sympa, pas douce et n’y va pas avec des pincettes «votre bébé est gros» déjà ça c’est choquant, ensuite elle me dit il faut faire une césarienne, elle était prête à dégainer son bistouri sur le champ si elle avait pu. Ensuite elle nous dit que si j accouche par voie basse au mieux mon bébé aura au mieux une fracture au pire il sera paralysé !!!!! Bon on prend rv pour la césarienne, euhhhh on va se laisser un temps de réflexion parce que là j’ai l’impression d être passée sous un train.
      Ma sage-femme me dit de prendre un autre avis, ce que j’ai fait, le gynécologue que j’ai vu m’a dit que oui il fallait accoucher rapidement mais que j’avais eu précédemment deux bb dont 1 de 3kg7 qu’avant de penser à la césarienne on allait faire un déclenchement et seulement en cas de difficultés on ferait une césarienne. J’ai écrit à l’hôpital pour faire part de cet incident bien entendu le gynécologue a été couvert mais quelques temps plus tard elle a été mutée….visiblement elle n’en était pas à son coup d’essai ce qui est effrayant c’est qu’elle continue d exercer. Les gynécologues comme beaucoup de professionnels de la santé se croient superieurs et manque totalement d’humanité alors que c’est un milieu où on devrait de la compassion, de l’empathie et avoir à coeur d’aider ses patients

      • Aurélie SURMELY

        Oui, le service de maternité est vraiment un lieu « à part ». Même si nous avons envie de nous sentir respecté et considéré dans tous les services, bien sûr, il est évident que l’on s’attend à beaucoup de bienveillance lorsque l’on donne naissance. Merci pour ton témoignage 🙂

    • Melle Blanche

      Avec une seule grossesse à mon actif, et auprès d’un grand ponte, j’ai pu voir ce que c’était la domination.
      Le gynéco qui impose un déclenchement à 38SA (sans raison), choisit la date selon son planning, facture à 4 chiffres sa présence le jour J … un cauchemar ! Les sages-femmes m’avaient prévenu, il fait pleurer tout le monde : les sages-femmes, les femmes enceintes.

      • Aurélie SURMELY

        la nature humaine est parfois (trop souvent), déroutante…. Je sais bien qu’il y a des bonnes personnes et d’autres très toxiques, et ce dans tous les domaines. Mais cela n’empêche pas le fait qu’il est important de communiquer à ce sujet. Merci à toi pour ton message.

    • Flore

      Je ne suis que secrétaire médicale en imagerie (radio, IRM, scanner, mammo, écho et tout le tintouin) et ce que vous décrivez, je le connais parfaitement. Ce n’est pas une question de gynécologue, c’est une question de médecin, et plus exactement d’égo de médecin qui se croient être les rois du monde (médical).
      Certes, dans mon cas, ce sont effectivement mes boss (pour ceux qui me paient). Mais pour ceux avec qui j’ai bossé à côté, qui ne me payaient pas directement (quand j’étais embauchée par la clinique par exemple et que c’étaient des médecins vacataires), c’étaient les mêmes comportements méprisants et écrasants. Vous n’êtes que secrétaire, merci de ne pas réfléchir (ou PIRE ! Prendre des initiatives, même si elles sont bonnes et qu’on vous les soumet ensuite en faisant croire que ça vient d’eux, en oubliant le sermon, voire pire, qui a été fait avant si vous vous êtes fait prendre en flagrant délit d’autonomie). Le problème, je le répète, n’est pas gynécologue ou pas. Il est égo de médecin ou personne humaine (qui se considère comme telle et pas au-dessus). J’ai connu de très bons radiologues, de très bons médecins qui étaient humains et respectaient leurs secrétaires (qu’ils la paient ou pas). Dans votre cas, c’est encore pire, parce qu’il n’y a pas ce rapport officiel hiérarchique du boss. Je vous comprends ! Personnellement, j’ai changé de métier parce que je ne les supportais plus (et ils ne me supportaient plus non plus, j’étais un électron trop indépendant, même si très performante dans mon boulot).
      Dans votre cas, il ne reste plus qu’à assumer vos idées, vos propos et aller à la confrontation si nécessaire (comme pour le téléphone à 20cm de l’oreille). Mais avec un égo pareil, bon courage !! Je comprends comme c’est difficile, écrasant et comme c’est autrement plus important (une naissance vs le traitement d’un dossier, d’un cr ou d’un rdv) que mon propre cas. Je vous souhaite bien du courage.
      En tout cas, je suis enceinte de 5 mois et j’ai opté pour le suivi d’une sage femme (et pas d’un médecin) et j’accoucherai à l’hôpital parce que ce sont plus les sages femmes qui gèrent que les gynéco, contrairement à la clinique (je n’ai que deux chois ici). Parce que je préfère un accompagnement humain à un accompagnement médical. J’ai pas besoin qu’on me parle de normes mais qu’on me parle de maternité.
      Bon courage pour faire évoluer votre statut face à des égo surdimensionnés ^^

      • Aurélie SURMELY

        Tu as raison, dans tous les domaines, dès lors que l’on travaille avec des êtres humains, nous sommes face à des comportements humains pouvant être délétères pour une personne ou même pour un groupe de personnes. Ce n’est vraiment pas toujours évident de faire face et d’adopter un comportement parfait… C’est un débat qui mérite en tous les cas d’être soulevé. Merci pour ton retour 🙂

    • Marion

      Je te suis sur le fond mais je suis en désaccord avec certains points. Si il est évident que le salaire des sages-femmes n’est pas suffisant et devrait être augmenté il me parait normal qu’un médecin ayant réalisé 11 ans d’étude ai un salaire qui correspond à son niveau d’etude et de responsabilité, pourquoi pour demander une revalorisation du salaire des sages-femmes faut-il remettre en question celui des médecins?
      Il est évident qu’en France il existe une tension entre ces deux professions, les gynécologues devraient s’occuper de la pathologie et les sages-femmes de la physiologie, ces deux métiers sont différents et ne devraient pas de marcher sur les pieds. En tant que responsable de la physiologie dans la situation que tu décris ou l’on te demande un déclenchement de convenance à 38SA le gynécologue ne devrait pas avoir son mot à dire, c’est ton domaine de competence ! En contre partie en France les sages-femmes sont malheureusement peu formé à la physiologie et son plus désireuse de réaliser du pathologique ce qui entraîne des frictions. Une meilleure formation à la physiologie et une clarification des domaines de compétence permettrait je penses d’assenir les relations.
      Il est je trouve un peu injuste de présenter les gynécologues comme ne faisant rien, je vois des internes qui font plusieurs gardes par semaines de 24h sans dormir et donnent beaucoup d’eux-meme pour le métier. Il y’a des cons et des gens qui abusent de leur pouvoir mais ce n’est pas pour ça qu’il faut décrédibiliser et manquer de respect à toute une profession.
      Je ne suis pas gynécologue et je suis totalement persuadée du rôle des sage-femmes (j’accouche en maison de naissance) et je suis également persuadée que c’est une profession qui mériterait d’être mieux reconnues à la fois sur le plan financier et de la « hiérarchie » hospitalière.
      Pour travailler ensemble un respect mutuel est nécessaire 🙂

      • Aurélie SURMELY

        Merci pour ton commentaire. C’est très enrichissant comme débat. Le salaire fait partie des pistes de réflexion qui expliquent la relation gynécologue/sage-femme. Ce n’est pas un plaidoyer pour dénoncer leur salaire. Je ne dis pas non plus que les gynécologues ne font rien, j’explique simplement ce que j’ai vécu. Je ne décrédibilise pas une profession, je fais part de ce poids qui pèse entre ces deux professions. Et oui, des abus de pouvoir, ce n’est pas rare. Les sages-femmes elles aussi, peuvent être abusives. En réalité nous sommes tous des êtres humains, et dans tous les domaines de la vie, il a des bonnes personnes, qui font de leur mieux, et des personnes toxiques. Mais cet article a été écrit pour libérer un secret de polichinelle, méconnue du grand public. Dans la majorité des cas, les sages-femmes souffrent de cette situation, et les parents peuvent en souffrir aussi, car malheureusement, ils en sont aussi témoins, pour certains. Non, ce n’est pas partout pareil, oui, il y a des gens bien partout. Merci encore d’avoir partagé ton opinion 🙂

    • WorkingMutti

      Merci pour ce superbe billet ! La hiérarchie de l’hopital est tellement rigide qu’elle pénalise toutes les professions. Quand on pense que les sages femme ont a peine le droit de réaliser un suivi gynéco …

      • Aurélie SURMELY

        Il y a un vrai problème d’identité, très certainement, ce qui engendre aussi un problème de territoire. Les pratiques évoluent et répondent à un besoin. Il est important que nous retrouvions tous le respect des uns et des autres, et notre complémentarité. merci pour ton message 🙂

    • Veronique

      Il y a presque 1 an, j’ai accouché à la maternité de l’hôpital Louis Mourier, dans les Hauts-de-Seine. J’ai bcp apprécié l’impression d’équipe soudée que m’ont donné les sage-femmes, infirmières et gynécos présentes ce jour-là.
      La sage-femme était sans doute un peu jeune et n’a peut-être pas réalisé qu’elle a commis des maladresses. ça se travaille ! Mais vraiment j’ai senti une cohésion rassurante. C’était toutes des femmes, jeunes (moins de 35 ans). La réflexion sur la complémentarité des médecins et des sage-femme rejoint je pense celle du sexisme à l’hôpital. J’ai ressenti que le jeune anesthésiste était moins « dans le coup »…

      • Aurélie SURMELY

        Merci pour ton témoignage. Certaines équipes arrivent à trouver un équilibre permettant de se respecter les uns aux autres. Et parfois, des sages-femmes acceptent une situation dégradante plus « docilement », ce qui fait que l’impression globale, vue de l’extérieur, peut sembler satisfaisante. Parfois, les équipes, malgré leur souffrance interne, font tout ce qu’elles peuvent pour que ça n’impact pas les mamans, les couples, les familles. Ce n’est pas toujours évident, mais c’est possible. Il y a ce que l’on voit, et ce qu’il se passe réellement… Tout n’est pas noir bien sûr, mais il reste tellement à faire…

    • Valérianne

      Bravo pour ce billet ! Je suis si contente de voir qu’il existe encore des personnes courageuses qui osent dénoncer des dysfonctionnements dans l’intérêt de tous.
      Pour ma part, je n’ai rien à redire concernant mon accouchement. L’équipe a été au top : de supers sage-femmes, une anesthésiste très « maternante ». Je crois (ou en tout cas cela ne m’aura pas marqué !) que je n’ai même pas vu de gynéco. C’est certainement que je n’en avais pas besoin. En tout cas, c’était très bien ainsi.
      J’étais terrifiée par l’accouchement et je dois bien avouer que le jour J, toutes mes craintes ont disparu grâce à l’incroyable prise en charge dont j’ai pu bénéficier par les sage-femmes.
      Je dois dire aussi en amont, que je suis suivie par une sage-femme libérale absolument géniale.
      Tout cela pour dire que ce que vous décriez dépasse le cadre strict de l’hôpital/clinique.
      Jusqu’à il y a environ 5/6 ans, j’étais annuellement suivie par un(e) gynéco… j’étais totalement insatisfaite par la prise en charge. RDV rapide, peu d’écoute, peu de respect pour l’intimité, etc…
      Et puis, un beau jour, une sage-femme s’est installée à proximité de chez moi, en libéral. Je pensais que c’était réservé aux femmes enceintes, ou ayant un projet d’enfant, ou venant d’accoucher… (les idées reçues ont la dent dure !). Mais je me suis quand même risquée à l’appeler pour lui indiquer que je ne rentrais dans aucune de ces cases, mais que je cherchais une autre approche pour mon suivi gynéco… A ma surprise, elle m’a indiqué qu’elle pouvait me suivre (me précisant que cela perdurerait tant qu’il n’y avait pas de pathologie particulière ! professionnelle jusqu’au bout dans son information !). Oh bonheur !
      Je l’ai alors rencontrée à l’occasion d’un 1er RDV et j’ai été pleinement satisfaite de mon choix : une grande capacité d’écoute, un RDV très attentif, une prise en compte de la pudeur et grand respect de l’intimité, etc…. depuis je ne l’ai pas quittée et c’est bien naturellement qu’elle a suivi ma grossesse (un pur bonheur !). Elle officie également en maison nature, mais je n’ai pas eu ce courage…. pour une éventuelle prochaine grossesse peut-être ?!
      En tout cas je partage l’avis d’un grand nombre qui est de dire qu’il faut donner la priorité – en ce domaine – à la physiologie plutôt qu’au médical. Et ce que je dis ne signifie pas renoncer au confort actuel (je pense à la péri !), mais démédicaliser cet « acte » pour le rendre plus naturel, plus humain.
      Tout ceci passera indéniablement par un respect de tous. Et à l’heure où l’on parle beaucoup (ou dénonce enfin !) de violences obstétricales, il y a urgence à agir sur ces terrains.
      Merci de contribuer à faire évoluer positivement les choses.
      Bonne continuation.

      • Aurélie SURMELY

        Merci beaucoup Valérianne pour ton témoignage. Je suis très heureuse pour toi, c’est tellement important de bien vivre le moment de la naissance 🙂 Et oui, les gynécologues sont censés prendre en charge des situations pathologiques, en collaboration avec la sage-femme (nous sommes toujours là, simplement, les décisions doivent être prises par le gynécologue à ce moment là). Si la naissance est physiologique (tout comme le suivi gynécologique), alors la sage-femme a toute sa place, et normalement, nous ne sommes pas censées voir un spécialiste si tu tout va bien 🙂 Encore merci, ton message fait du bien à lire 🙂

    • Lexie

      Pour ma première, j’ai accouché dans un hôpital au sein duquel le gynécologue n’intervenait qu’en cas de complications (ce qui n’a pas été le cas). Accouchement rapide, avec deux sages-femmes qui parlaient à voix basse, travaillant de concert dans une lumière tamisée… Honnêtement, je n’aurais pas pu vivre mieux. J’ai accouché la seconde fois dans un hôpital plus traditionnel et si la gynéco était sympathique, j’ai trouvé ça pénible de devoir l’attendre longtemps parce qu’elle était occupée avec un autre accouchement. La petite est née en deux poussées, la médecin n’a donc que littéralement tendu les bras, me l’a posé sur le ventre et est repartie

      • Aurélie SURMELY

        Merci Lexie pour ton témoignage. Je suis d’accord avec toi, un lien se crée au fil des heures avec la sage-femme et cette harmonie peut être perturbée si une tierce personne « débarque ». Parfois j’ai l’impression de les voir arriver comme des cow-boys ou des astronautes, tout équipés de la tête aux pieds comme si la salle était contagieuse ! J’aime cette douceur qui s’installe, ce climat nécessaire pour la naissance. Vraiment, je continue de penser qu’un spécialiste de la pathologie n’a pas à être présent si la naissance est physiologique, quand bien même le gynécologue sortait sympa (ce n’est pas la question). Encore merci pour ton post 🙂

    • Leontine

      Nous y arriveront.

      • Aurélie SURMELY

        J’espère bien aussi 🙂

    • Angèle Caignec

      Merci pour ton article qui contribue à mettre à plat les choses. Ce sont des points qui me paraissent évidement mais je ne vis pas sur la même planète que la majorité des gens ^^ Il est vrai que d’être confronté(es) à ces institutions et diktats, demande une assurance d’affirmer ses choix éclairés. La tentation de « suivre les rails » par facilité peut être très tentante, surtout dans cette période très sensible de la grossesse et l’accouchement. Encore merci pour ton témoignage vivant Aurélie !

    • Angèle Caignec

      Merci pour cet article qui permet de mettre à plat ces situations et comportements. Parler de ces choses est très important pour défaire les tabous, les non dits et les biais cognitifs. Tout ce que tu dis ici me paraît si évident et de bon sens! Mais j’oublie parfois que je vis dans une bulle bien agréable et que la plupart des gens vivent confrontés à cette réalité dure. Il n’est pas facile d’assumer ces choix éclairés. Choisir la facilité est si tentant surtout dans cette période si sensible de la grossesse et l’accouchement. Encore merci pour ton témoignage vivant Aurélie.

    • Vigneron

      Je pense que votre vision de la gynécologie est très éloignée de la réalité
      En tant que médecin généraliste, je suis beaucoup de grossesses et suis très en lien avec plusieurs maternités et amies sage femme hospitalières et libérales. Vos propos semblent très lointain de la pratique hospitaliere et nous pouvons ressentir que vous êtes libérale depuis longtemps. La spécialité est depuis de nombreuses années majoritairement féminines et les sages femmes savent très clairement parler sans être discréditées. Vos propos nuisent justement à la symbiose des équipes et cela est très malheureux….

      • Aurélie SURMELY

        Merci pour votre commentaire. C’est important qu’il y ait un débat, une ouverture d’esprit. J’entend ce que vous voulez transmettre à travers ce post.

        La profession de sage-femme a toujours été exclusivement féminine, sauf depuis que le concours de sage-femme a été « remplacé » par la première année de médecine. Il y a eu alors, plus d’hommes qui sont devenus sages-femmes (maïeuticiens). Pour les gynécologues, je ne connais pas les chiffres exacts, mais historiquement, c’était une profession exclusivement masculine puis il y a eu un peu de mixité avec le temps. Je pense que la majorité est toujours masculine. J’espère bien que mon article ne nuit en rien à la symbiose des équipes, comme vous l’écrivez. Je serais surprise d’avoir cet impact (et autant d’impact).
        Par contre, je pense qu’il peut amener à ouvrir un débat nécessaire. Et je crois au dialogue, à la communication, aux remises en question. Je crois que nous pouvons améliorer nos relations et les assainir. Depuis l’écriture de cet article, j’ai reçu beaucoup de mails de sages-femmes me remerciant d’en parler, qu’elles souffraient de leur position et des relations déséquilibrées avec les gynécologues.
        Je suis très heureuse de savoir que certaines de mes consoeurs se sentent respectées, qu’elles ont un service de maternité qui répondent à leurs besoins et à ceux de leur patientes, que toutes les décisions liées au fonctionnement et à l’investissement soient de leur fait et/ou en collaboration avec les autres professions travaillant dans le service. Merci de ce retour positif.

        Pour autant, il est important de considérer aussi toutes celles pour qui ce n’est pas ce cas. Encore une fois, merci à vous d’avoir pris le temps et d’accepter un discours différent. Très belle fin de journée à vous.

    • Courrent

      Merci pour votre patience et implication a toute épreuve, lors de mon accouchement c’est une jeune sage femme qui a été présente a mes côtés de AaZ et je me souviendrai toujours de sa bienveillance et sa douceur , elle s’ apellait Jennifer ,je la reverrais peut être jamais mais je n’ oublierais jamais 🤗 le gynéco est passé faire quelque points a la fin et est reparti en coup de vent.. et le chèque qu il a empoché pour ça est indécent.. Jennifer méritait tout autant .bravo pour votre implication

      • Aurélie SURMELY

        Merci pour ton témoignage et ton soutien 🙂

    • elisamarnet

      Bravo pour cet article qui ne m’étonne qu’à moitié 🙁 heureusement lors de mon accouchement j’ai eu la chance d’avoir des gygy et sages femmes qui (du moins en apparence) se parlaient bien et semblaient très complémentaires. mais même dans le langage courant je vois bien ce truc du « gynécologue vrai médecin » et des sages-femmes….c’est désolant….un si beau métier

      • Aurélie SURMELY

        Oui c’est important de le valoriser humainement, institutionnellement et financièrement. Merci pour ton message 🙂

    • chloelemonne

      Coucou Aurélie,

      Tout d’abord, merci pour ce bel article. Je suis sage-femme en Belgique, et ai choisi de commencer directement en libéral avec des accouchements à domicile et à l’hopital (sans gynéco dans la chambre sauf si nécessaire) et je dois dire que les gynécos et sage-femmes hospitalières nous respectent de plus en plus dans ce cadre-là.

      En Belgique, la situation commence à changer : dans de plus en plus d’hopitaux, les sages-femmes font les accouchements de manière autonome : tant que c’est physiologique. Et la collaboration avec les gynécos est très humaine et d’égal à égal ce qui est très chouette !

      Je ne savais pas que la situation en France était telle ! Selon moi, pour que les choses bougent, il faut que tout le monde se rende bien compte de la définition de chaque métier : sage-femme = physio et gynéco = patho ! Avec des protocoles très clairs sur qui décide de quoi à quel moment.

      C’est je pense de ce point de départ que les sages-femmes seront de plus en plus confiantes en leur rôle d’accompagnement. Ca paraît si simple 🙂 …

      Bises et merci encore pour cet article, continue comme ça !

      Chloé
      http://www.naissancepositive.com

    • Claire

      Je viens de lire votre article et J imagine que vous êtes une adorable sage-femme. Je suis maman de deux enfants, et viens de vivre deux parcours FIV. On prends une pause…
      Pourquoi ? La sage femme qui nous suit est désagréable, nous infantilise, nous parle comme à des gamins de 3 ans.
      Alors non, nous n avons pas envie de partager la mise au monde de notre enfant avec elle. Nous cherchons un autre lieu.
      Quant aux sages femmes présentes pour la naissance de mes deux fils… Je n en ai que des mauvais souvenirs. Infantilisation encore et toujours. Appropriation des choix relatifs à mes bébés, engueulades (quoi vous n allez pas allaiter ???). J ai à chaque fois eu qu une seule envie : partir. Ne plus les avoir sur le dos.
      Ce ressenti d être nulle à être maman transmis par cet abus de pouvoir… J en garde de très mauvais souvenirs.
      Heureusement mes gynéco (FIV comme pour mes fils étaient géniaux), les infirmiers et infirmières étaient là et s intéressaient… Pourquoi mon nom n est pas sur la porte et que j ai demandé à accouché en toute discrétion ? De l interet, de l aide et de l ecoute de leurs part. La sage femme elle est celle qui m a engueulé parce que « Je compliquais les choses ».

      Votre demande de soutien est honorable et fais écho à qui vous êtes vous. Mais pour avoir le soutien des parents… il va falloir je pense revoir la manière dont les sages femmes les traitent.

      Nous sommes ni débiles, ni attardés, ni de mauvais parents par défaut…

      • Aurélie SURMELY

        Merci Claire d’avoir témoigné. C’est tellement important de pouvoir libérer la parole. Je crois en cela.
        Il y a de la souffrance partout, à tous les niveaux, et certaines conduites sont vraiment dépréciables, peu importe la profession, le statut, … Je suis tout à fait d’accord.

        Je suis passée aussi par un parcours de PMA (7 ans en tout)… Ça a été très dur. J’ai vu beaucoup de monde, je suis passée par beaucoup d’états (j’ai espéré, j’ai fait des deuils…). Je vous envoie donc plein de douces pensées et je suis ravie que vous ayez pu avoir vos enfants 🙂

        Je suis désolée aussi de votre expérience difficile avec les sages-femmes.
        Comme je le disais dans un autre commentaire, aucune profession n’a d’auréole au dessus de la tête, simplement parce qu’il y a des personnes très différentes, des personnalités différentes et des vécus différents. Cela ne justifie en rien les mauvaises attitudes et ne valide aucunement la souffrance qu’elle engendre.

        J’espère que vous aurez l’occasion de lire mes autres articles, pour comprendre l’idée globale que j’ai envie de véhiculer : permettre aux parents d’être acteurs. Et bien plus encore… Merci pour votre message.

    • Parlotte

      Je ne suis ni sage-femme, ni médecin, mais je suis assez sidéré par ce que j’ai lu. Ce qui aurait pu être un billet consacré à la défense d’une profession s’est trouvé être une vraie charge contre une profession, de l’argumentaire aux commentaires.
      Les sage-femmes sont-ils sous payés ? Très certainement au vu de leur niveau d’études. Est-ce normal qu’ils soient hiérarchiquement en dessous des gynécologues-obstétriciens ? C’est tout aussi sûr. L’absence de hiérarchie à l’hôpital ne peut pas exister, sinon c’est l’anarchie. On se retrouve pourtant à lire qu’une personne avec un certain niveau d’études se plaint d’être sous l’autorité d’une personne qui a vu globalement les mêmes connaissances, mais en double. Le gynécologue-obstétricien a le double d’années d’études par rapport à la sage-femme et sur un même sujet : l’obstétrique. Et là, le fabuleux argument du « le gynéco c’est la patho, la sage-femme le physio ». Parce que vous croyez une seule seconde qu’avant d’avoir vu la pathologie, le carabin n’étudie pas la physiologie ?
      Vouloir la sage-femme au même niveau hiérarchique que le docteur, c’est de l’orgueil. Ce billet est écrit avec orgueil. On le voit dans la comparaison entre la sage-femme et l’anesthésiste/pédiatre. On a donc bien un niveau bac+5 qui s’estime au niveau d’un bac+11. C’est le communisme à l’hôpital ça.

      Alors oui, le gynéco s’occupe de la pathologie. Parce que comme souligné, ils sont plus rares que les sages-femmes. Ça ne veut en rien dire qu’ils sont incompétents en physiologie, bien au contraire.

      Les commentaires ne sont pas mieux. D’abord la personne qui dit « je vois bien le truc du ‘gynécologue vrai-médecin’ et des ‘sages-femmes’  »
      Ben oui, en fait, c’est exactement ça. Il y en a un qui est médecin, l’autre pas. Les mots (et les noms de profession par extension) ont un sens. On retrouve le fameux orgueil de vouloir faire du sage-femme un médecin (puis ensuite on aura les infirmiers et encore après les aides-soignants, ça sera drôle).

      Et puis j’ai lu la charge sur la célèbre « arrogance des médecins ». On tombe vraiment bas dans le stéréotype. En 3 ans, j’ai été trois fois aux urgences + une fois j’ai eu un suivi d’un mois dans un service d’urologie (oui je coûte bien à la sécu ces dernières années..). Je n’ai pas eu une seule fois affaire à un médecin ou à un interne arrogant.
      Par contre, la réalité de l’interne qui bosse de 8h30 du matin à 8h30… du matin (oui 24h, plus de la moitié des 35 heures légales en une fois) bah elle est réelle. 11 ans d’études, j’ai l’impression que personne ici ne se rend compte d’à quel point c’est long, fastidieux, fatiguant et formateur. Les médecins ils finissent leurs études à 30 ans, là où beaucoup sont mariés et ont des enfants. Alors arrêtez de vouloir vous mettre au même niveau professionnel qu’eux, vous ne l’êtes pas.

      Des abus, des erreurs, des précipitations et des mauvais jugements il y en a oui. Dans tous les métiers, dans tous les secteurs. Beaucoup. Ça n’est pas une raison valable pour dénigrer une profession (de sacrifices qui plus est) et vouloir se mettre au même niveau que ceux qui ont le double de connaissances et autant d’expérience, même si ces derniers doivent peut-être apprendre à plus d’écoute de leurs collègues soignants.

      On aurait pu avoir un billet sur le salaire beaucoup trop faible des sages-femmes, sur leurs conditions de travail compliquées voire imbuvables dans certains secteurs sous forte tension. On aurait pu, simplement, avoir un éloge d’une profession qui a certainement un contact plus humain et plus proche avec la mère et l’enfant dans la période merveilleuse qu’est l’accouchement. On aurait pu, certainement, avoir une revendication à plus d’audibilité, que les sages-femmes soient plus reconnus, plus entendus, plus écoutés. En fait, on aurait pu avoir un billet de défense d’une profession.
      Mais non. À la place, on a eu un pamphlet plein d’orgueil et dénigrant une profession au moins aussi compliquée que celle de sage-femme. Le tout encensé par des commentaires pires que l’article lui-même. À l’opposé total de la célèbre phrase « Pour briller tu n’as pas besoin d’éteindre les autres ».
      Je ne vais pas juger l’auteure même, elle a sans doute eu des expériences mauvaises et dégradantes qui expliqueraient tout ça : pour autant, je ne peux que conseiller une petite introspection sur cet article qui permettrait un juste retour à l’objectivité et à l’essentiel (à savoir, la défense de la maïeutique, si je ne me fourvoie pas).

      • Aurélie SURMELY

        Merci pour votre commentaire. C’est important de communiquer et je vous rejoins tout à fait sur le fait qu’il est important de prendre en considération les deux professions. Cela n’enlève rien à mon vécu et à celles de beaucoup de mes consoeurs. Nous avons chacun une perception qui nous semble juste. Merci encore.

    • Medecin

      1. Même si le salaire des SF est trop faible ça me parait normal qu’un gynecologue soit mieux payé ( + d’années d études, plus de responsabilités car oui c’est bien lui qui va s occuper de toutes les complications et dans le public en tout ça plus d heures de travail. Aucun ph / cca / attaché ne travaille 35h contrairement aux SF et aux prof para médicales )
      2. Au niveau du comportement les personnes les plus détestables que j ai pu voir pendant mon externat étaient malheureusement les SF et ça se retrouvait sur chaque eval de stage de l ensemble des stages propose en gynéco par ma fac ! J en ai vu plus d une humilier externe, interne, ide et même leur propre étudiants !
      3. Comparer avec un ped ou un anesth est une aberration. Le pédiatre et l anesth seront appelés pour des pb différents alors que la SF va appeler le gynecologue des que l accouchement devient compliqué donc sur le même domaine de compétences
      C’est lui qui va se taper tout les accouchements galères et toutes les complications !

      Bref votre article respire l amertume, si votre position de vous convient pas et que vous vouliez être le dernier chaînon, le décisionnaire il fallait être gynéco pbs

      • Aurélie SURMELY

        Merci pour votre commentaire. Tout à fait, il y a des gens destestables partout. Et des personnes merveilleuses partout. Et vous avez raison de le signaler et de témoigner de cela, tout comme je l’ai fait, en parlant de mon vécu et des retours de mes consoeurs. Il est effectivement temps de mettre des mots et de permettre à la situation de s’améliorer. Merci encore.

    • NINIE

      Merci pour cet article et votre courage.
      Les 2 derniers commentaires ne font que l’etayer.

    • Stefolle

      Je suis sage-femme et tout ce que vous décrivez est la raison pour laquelle je n’exerce plus L’institutionnalisation de la naissance déshumanise les gens. L’accouchement est devenu tellement automatisé,codifié, dénaturalisé. On a désapproprié les femmes de leur corps et les Hommes de leur venu au monde. C’est triste car les conséquences sont désastreuses pour tous, chacun reste empreint de sa naissance. Tant sur le plan psychologique que physiologique. Heureusement nombreux sommes nous à prendre conscience de cela. On voit apparaître des débats sur les violences obstétricales, sur l’allaitement, des tentes rouges se reforment.. La sage-femme est celle qui à la sagesse, le savoir de la femme , du féminin. Elle accompagne la femme et le couple comme vous l’avez dit dans ce moment de magie biologique et humaine. Nous nous devons de rendre ce pouvoir aux femmes et aux hommes. Ce pouvoir de savoir se reproduire, savoir donner naissance, savoir laisser parler son corps , prendre le temps de l’écouter .

    • Docteur Bob

      Bonjour, je suis médecin généraliste, et je tombe sur votre article au hasard de mes pérégrinations sur le net.

      Si je retrouve mon expérience personnelle dans certains de vos propos, je suis assez gêné par d’autres, voire même choqué. Je rejoins totalement le commentaire de Parlotte, cela aurait pu être un billet pour défendre une profession, et au final c’est un billet à charge inutile contre une autre.

      Je fais globalement les mêmes constats que vous vis à vis du monde hospitalier public : très pyramidal, très hiérarchique, très rigide, très ritualisé, ce qui, globalement, est le fait de toute administration publique. Au final, c’est le chef qui a le mot de la fin, il y a peu d’échanges, le mode de fonctionnement n’est pas démocratique, mais hiérarchique.
      Par ailleurs, dans certains services (majoritairement au CHU) il y a des manipulations, du chantage, des pressions inhumaines de la part des chefs, vis à vis de leurs inférieurs hiérarchiques. Et cela, il faut le dénoncer, je suis totalement d’accord avec vous.

      Maintenant, à propos des constatations que vous faites (et que je fais également), nous divergeons totalement dans les interprétations. Je trouve que vos interprétations sont pour la plupart fausses, et pour certaines, aberrantes.

      Je m’explique.

      _ Vous dites qu’il y a une relation de domination (vous dites même « soumission », ce qui est très fort et inapproprié) gynécologues/sage-femmes. C’est vrai, mais je ne vois pas en quoi cela est choquant : vous allez solliciter l’avis du gynécologue lorsque cela dépasse votre cadre de compétence (par exemple pour une grossesse pathologique), et au contraire, lorsque l’accouchement est « physiologique », comme dit plus haut, le travail pourra être délégué à une sage femme, car effectivement, il y a plus de sage-femmes que de gynécologues. La relation de « domination », « d’autorité » est toute naturelle : les gynécologues obstétriciens ont une expertise supplémentaire que vous n’avez tout simplement pas. Prétendre le contraire, c’est vous mentir à vous-même, et mentir aux autres.

      _ Vous pouvez vous retrancher derrière l’argument que la profession de sage femme est une « profession médicale », comme vous le dites dans l’article, mais 5 ans d’études n’équivaudront jamais 11 ans (souvent plus) d’études. Les manipulations sémantiques n’effaceront jamais ce fait tout simple : les gynécologues obstétriciens auront toujours une vue à la fois plus pointue et plus large que vous. Cette relation de domination, ou relation hiérarchique, appelez là comme vous voulez, est un fait. Vous ne pouvez pas l’éviter, ou passer outre cette relation, elle est là et sera toujours présente. Il n’y a rien à dénoncer, c’est un fait. C’est comme vouloir dénoncer la gravitation universelle ou le fait que la terre soit ronde…
      Ce qu’il faut dénoncer, c’est le fonctionnement de cette relation hiérarchique. Elle peut très bien se passer et permettre un épanouissement de tous les acteurs en présence, ou au contraire, très mal se passer.

      _ Vous avancez que cette relation (de soumission, comme vous dites) serait le fait d’une relation homme/femme = gynécologue/sage-femme. Alors là, c’est tout simplement inadmissible. Premièrement, la profession de médecin est majoritairement féminine (environ 70%) depuis plus de 30 ans. Bah oui, les femmes sont plus studieuses que les hommes, donc elles réussissent mieux leurs études, tout simplement. Donc prétendre que ce serait une histoire de testostérone, permettez moi de vous dire que ce sont des conneries, c’est justement tout l’inverse… Mais bon, apparemment, c’est vendeur, ça rameute toujours du monde, un blog avec des propos féministes, et puis ça permet d’éluder les vraies questions…
      Deuxièmement, effectivement, il y a une majorité de gynécologues masculins. Pourquoi? Parce que la profession (et tout particulièrement l’internat) est certainement une des plus éprouvants de toutes les spécialités médicales. Donc les femmes (dans l’ensemble) choisissent une autre spécialité, plus facile à vivre, et à concilier avec une vie de famille. Oui, c’est difficile d’aller chercher les enfants à l’école quand tu travailles +80h par semaine en moyenne pendant ton internat… pour un salaire équivalent à celui d’une sage femme aux 35h (puisqu’il faut comparer… 😉 ).

      _ Sur la question du salaire : effectivement vous êtes sous payé(e)s. Je rejoins totalement l’analyse de Parlotte : pourquoi parler des médecins ? Vous ne pouvez pas comparer la profession de médecin et celle de sage femme : ce ne sont pas les mêmes responsabilités (vous savez combien coûte une assurance professionnelle pour un gynécologue obstétricien? entre 25000 et 30000 euros par an ! 2500 euros par mois, rien que pour avoir le droit de travailler !) et pas les mêmes études.
      Vous êtes sous payé(e)s, tout comme les aides soignant(e)s, les infirmier(e)s, les orthophonistes, les kinés, et… les médecins ! Bah oui, contrairement à ce que vous pouvez penser, les médecins Français touchent en moyenne environ 2 fois moins que leurs homologues européens (y compris Slovénie, Roumanie, et tous les pays de l’Est, c’est dire…). Et 3 fois moins si on compare aux pays avec un niveau de vie équivalent (Allemagne, Royaume Uni, etc.)
      Si on prend un peu de recul, on se rend compte qu’une assurance maladie collectiviste comme la notre est incapable de payer correctement TOUS les professionnels de santé qui font tourner la machine. Si notre système de santé fonctionne encore, c’est uniquement au prix d’une énorme pression sur l’ensemble des professionnels de santé.

      _ Je ne m’épancherait pas longtemps sur votre conclusion « Suis-je en colère ? Suis-je outrée ? Probablement. Mais j’ai cette force en moi qui me dit : « Un jour, les sages-femmes et les parents dessineront le lieu de naissance, à leur image, pour le bien-être de tous, dans les maternités. ». Et si nous engagions dès aujourd’hui, des actions pour changer les choses. Vous penseriez à quoi ? ».
      Ces mots sont aussi creux que le trou de la Sécu. Enfin, je vous comprends parfaitement,je ne vais pas vous jeter la pierre, si on veut faire tourner son blog et vendre des bouquins, il faut bien être consensuel et intellectuellement affligeant pour faire tourner sa boutique.

      Pour finir, je voudrais que vous vous posiez LA bonne question.

      Les cas de maltraitance à l’hôpital sont monnaie courante. On trouve de partout des témoignages de souffre-douleurs, et ce dans toutes les professions de santé (par exemple http://www.michalon.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=500643. Oui, elle aussi vend des livres…).

      LA question étant : vous croyez vraiment que la souffrance au travail est le fait des médecins?

      Si vous répondez oui, vous êtes soit aveugle soit de mauvaise foi. Vous croyez que, en tant qu’étudiant en médecine, je n’ai jamais été pris en grippe et maltraité pendant mes études par :

      _ 1 une secrétaire vieille peau?
      _ 2 une infirmière petsec?
      _ 3 un abruti d’aide soignant?
      _ 4 une orthophoniste mal baisée?
      _ 5 une cadre de santé de mauvaise foi?
      _ 6 un brancardier feignant?
      _ 7 un manip radio racaille?
      _ 8 une sage femme madame-je-sais-tout? (ah bah non, raté, je suis pas passé en gynéco en stage, donc j’ai jamais croisé de sage femme, ouf!)
      _ 9 et bien sur un confrère, qu’il soit professeur, PH, assistant, interne, ou externe?

      Si vous croyez que le manque de respect est l’apanage d’une profession, vous vous fourrez le doigt dans l’œil jusqu’au coccyx. Mais bon, prétendre le contraire, ça rameute toujours du monde sur son blog.

    • Aurélie SURMELY

      Merci pour votre retour. Vous avez raison, il est temps de réformer les choses, de faire en sorte que tout cela soit plus vivable pour tous. Je parle de mon vécu , de mon expérience et des retours de mes consoeurs. Je vous remercie de préciser dans votre commentaire que ce n’est pas propre à une profession en particulier. Je suis tout à fait d’accord avec vous. Et heureusement, les choses ont tendances à évoluer, je pense positivement, même si très lentement. J’ai d’ailleurs une tendance à publier des billets optimistes et à mettre en avant le potentiel des uns et des autres. Je crois simplement que parfois, la parole doit être libérée, quand bien même elle serait maladroite, à l’image de votre réponse. Je vous remercie sincèrement, en tous les cas, d’ouvrir le dialogue.

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